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Cap sur le Rocher : Quelle saison pour l’AS Monaco ?

L’AS Monaco est en période de reconquête. Après une saison dernière catastrophique et un management indigne d’une équipe professionnelle sur le cas Jardim/Henry, les Monégasques commencent doucement à avoir la tête à l’endroit. A tel point qu’ils occupent, dans cette Ligue 1 toujours aussi indécise, une vraie place intéressante pour la Ligue des champions. Alors que s’enclenchent cinq semaines cruciales pour bien se positionner au classement avant les fêtes, interrogeons-nous sur le cas Monaco. Pour savoir où est-ce qu’ils vont bien pouvoir mener leur saison.

Le cas AS Monaco

Étudions d’abord le parcours de l’AS Monaco en championnat jusqu’à présent. Où l’on peut voir que les coups de millions ne bâtissent pas une équipe, et surtout pas une défense.

Un début de saison apocalyptique

Alors que l’on pensait Monaco sauvé des eaux troubles que le club occupait la saison dernière – ils ont longtemps été englués dans la course à la descente, malgré un budget faramineux, ndlr – il faut croire que les dégâts infligés à l’institution étaient bien plus profonds que cela.

Dans les six premières journées, l’ASM a ainsi enchaîné trois nuls et trois défaites. La raclée inaugurale face à Lyon – match perdu à domicile 3 à 0, ndlr – a donné le ton d’une première partie de championnat marquée par une fébrilité défensive à faire passer tes talents de gardien au Five pour une assurance tout risques ! En effet, avec des nuls contre Reims, Strasbourg et Nîmes, et deux autres défaites contre Metz (3-0) et Marseille (4-3), les Monégasques occupaient une peu glorieuse 19ème place au championnat.

Position de Monaco après la sixième journée de championnat. Source : LFP

Sur la période, le club monégasque possède tout simplement la plus mauvaise défense de Ligue 1 avec 14 buts encaissés ! La faute à une charnière Jemerson-Glik aux abois – 2017 est si loin ! – et une propension à ne jamais réussir à finir la rencontre à 11 – trois rouges reçus sur les trois premiers matchs, ndlr.

Se sont ajoutés à ça des recrues décevantes pour le prix dépensé et une organisation tactique qui nous a fait nous demander si c’était Thierry Henry déguisé en Leonardo Jardim. Après la sixième journée, Monaco allait mal.

Un redressement spectaculaire

Pourtant, le club est aujourd’hui 11ème, à seulement trois points du podium. Comment cela est-il arrivé ? Déjà parce que la Ligue 1 version 2019/2020 est une des plus homogènes que j’ai pu voir. Quelques victoires et tu te retrouves tout en haut. D’où l’importance de savoir enchaîner et faire des séries.

Cela, l’AS Monaco l’a plutôt admirablement compris. En effet, de la 7ème à la 13ème journée, les hommes de Jardim sont troisième de Ligue 1 ! Avec 15 points pris sur 21 possibles, ils se sont remis à fonctionner sur un rythme de champion ils font tout aussi bien que le PSG sur la même période, ndlr.

La raison ? Ils marquent (bien) plus et ils prennent moins de buts. Avec un Benjamin Lecomte qui prend ses marques aux cages et un duo Slimani-Ben Yedder tout simplement stratosphérique, les Monégasques ont enchaîné les victoires. Avec 13 buts marqués – deuxième meilleure attaque sur la période, ndlr – et « seulement » huit buts encaissés – dixième défense, ndlr – Monaco est plus sérieux.

Ce n’était pas toujours brillant mais ils ont su faire tenir la boutique pendant que cela tanguait. En finissant en outre leurs matchs à 11. Parfois, la recette du succès, ça tient à des choses simples !

Quelle saison pour l’AS Monaco ?

Le club est donc relancé dans la course à l’Europe et a retrouvé de l’allant. On serait tenté de dire qu’il réussira sans souci à se caler dans le wagon européen. Néanmoins, les fondations restent tout de même fragiles.

Une défense toujours fébrile

A commencer par la défense. Même si le début de saison a grandement pesé dans la balance, le club de la principauté est toujours 19ème en la matière ! Malgré le passage à trois défenseurs, Monaco ne réussit pas très souvent à garder sa cage inviolée – seulement trois fois cette saison et contre la quinzième, dix-neuvième et dernière attaque de Ligue 1, ndlr. Il faut dire que mettre parfois Gelson Martins en piston droit relève du suicide défensif.

Glik/Jermeson : deux hommes en galère

Glik est toujours aussi lent, Jemerson est… là et Aguilar n’a pas encore retrouvé son talent laissé à Montpellier. Même si Badiashile enchaîne des matchs plutôt cohérents, il est difficile de penser que Monaco continuera à jouer les premiers rôles avec un tel fardeau. Surtout que le milieu peine également dans ses tâches défensives – regarder Fabregas défendre procure la même sensation que de voir Giroud courir.

Lecomte pourra bien effectuer quelques miracles pour sauver les apparences. Mais sans une meilleure assise défensive, Monaco ne pourra pas se mêler à la lutte de la Ligue des champions. Et ce malgré leur attaque qui fait des ravages.

Un duo d’attaque étincelant… dont Monaco est ultra-dépendant

Le gros espoir de Monaco pour réussir une saison de qualité réside en sa force de frappe offensive. Martins, Golovine, Baldé, Augustin et surtout Slimani et Ben Yedder… Monaco n’a pas plusieurs cordes à son arc, mais bien plusieurs bazookas à sa force de feu !

Source : AFP

Et pourtant, même si le Tsar russe tire son épingle du jeu, c’est surtout Slimani et Ben Yedder qui brillent. Le second avec ses neuf buts est le deuxième buteur de Ligue 1, tout simplement devancé par Moussa Dembélé. Le premier est le meilleur passeur de Ligue 1 avec huit offrandes – la majorité pour son comparse français. A ce tableau très flatteur, il ajoute cinq buts qui passent toujours bien.

Ils mènent Monaco vers les hautes sphères du classement, mais cette dépendance peut vite se révéler dangereuse. En effet, avec ses 20 buts marqués, l’ASM est la deuxième meilleure attaque du championnat ! Dans le même temps, le duo Slimani-Ben Yedder en est la 13ème, avec 14 buts ! Sans son duo, le club serait à l’agonie. Et le match face à Saint-Etienne, où Slimani était absent, a montré que Monaco est vite débordé lorsqu’il est orphelin d’un de ses buteurs.

Les perspectives jusqu’à la trêve

Penchons-nous enfin sur le calendrier de Monaco pour cette fin d’année 2019. C’est d’abord un déplacement compliqué à Bordeaux qui s’annonce. Jouer les Bordelais chez eux, alors qu’ils sont la troisième meilleure équipe à domicile et sont redevenus une équipe cohérente tactiquement, n’est jamais simple. Monaco devra être sérieux et appliqué. Par la suite ce sera un PSG en mode post-Ligue des champions qui s’avancera à Louis II. Et comme on le sait, c’est un exploit de les battre dans ces moments-là.

Alors qu’ils pourraient être quelque peu distancés après ces deux prochains matchs, les hommes de Jardim devront faire le plein de points sur leurs quatre derniers matchs. Battre un Toulouse exsangue chez eux, puis un Angers irréguliers devrait être largement dans les cordes. Aller à Amiens n’est jamais facile mais le talent est trop grand chez les Monégasques pour ne pas s’attendre à un bon résultat. Enfin, jouer Lille à domicile pourrait être vu comme compliqué. Sauf que les Dogues sont catastrophiques hors de leurs bases, 19èmes dans l’exercice.

Si Monaco respecte son rang, ce devrait être entre 10 et 13 points de glanés. Ce qui les positionnerait à 31 points, un total dans la moyenne des équipes pouvant prétendre à disputer la Ligue des champions. Mais pour cela, il faudra être sérieux.Et remédier aux problèmes défensifs.

Une défense fébrile et une attaque dangereuse mais fortement conditionnée par un duo Slimani-Ben Yedder de toute beauté, les fondations de l’AS Monaco pour réaliser une belle saison ne sont pas des plus solides. Néanmoins, l’effectif est bourré de talent et on ressent déjà du mieux au niveau défensif. C’est tout particulièrement de ce côté-là que se jouera la place du club en Ligue 1. Il faudra aussi apprendre à être plus rigoureux quand ça ira moins bien en attaque et non pas revenir au Monaco désordonné de ce début de saison. Parce que dans une Ligue 1 homogène, il est aisé de vite perdre pied. Mais le cap à atteindre pour le club du Rocher est clair : la Ligue des champions et rien d’autre.

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