Football

Common Goal : où en est le projet de Juan Mata ?

Oui, les footballeurs gagnent beaucoup d’argent. Ce qui ne les empêche pas de garder le sens des réalités. Les exemples foisonnent : des hôpitaux, des écoles et de nombreuses autres infrastructures ont déjà vu le jour à l’initiative de stars du ballon rond. Juan Mata a lui aussi voulu agir pour aider les plus modestes, raison pour laquelle il a créé Common Goals. Une fondation gérée par l’ONG Street Football World et destinée à distribuer des fonds à différentes œuvres caritatives aux quatre coins de la planète. Il reverse ainsi 1% de son salaire – environ 80 000 euros par an. Un petit geste au niveau individuel mais aux grandes répercussions pour les associations qui bénéficient de ce don.

En même temps que l’annonce de ce projet, l’international espagnol a lancé un appel général à l’intention de la planète football en août 2017 : « Aujourd’hui, j’initie quelque chose qui, j’espère, aidera à changer le monde. Et j’espère que d’autres footballeurs m’aideront dans cet objectif. […] Je réfléchissais à tout ce que le football m’a donné. Je savais à quel point j’étais chanceux de bénéficier des opportunités que j’ai eues – et que tout le monde n’a pas une famille comme la mienne. Même si je me suis engagé avec des œuvres de charité avant, je savais que je voulais faire quelque chose de plus. Je veux m’assurer que d’autres enfants aient les mêmes chances ».

Joueurs, joueuses et entraîneurs mobilisés

L’argent récolté bénéficie à de nombreuses causes : consolidation de la paix en Colombie, intégration des réfugiés en Allemagne, sensibilisation au VIH au Nigéria, lutte contre le chômage des jeunes au Royaume-Uni, accompagnement de la communauté LGBTQ+ en Amérique du Nord et à Haïti… Tous ces projets vont pouvoir bénéficier d’un coup de pouce non négligeable, et ce d’autant plus que Common Goal grandit petit à petit grâce à l’allongement de la liste des contributeurs, qui compte aujourd’hui plus de 120 noms. Des contributeurs issus de 37 pays différents, des Etats-Unis au Kenya, en passant par le Lesotho, les Îles Féroé et le Nicaragua.

Le champion du monde Mats Hummels (Dortmund) et Giorgio Chiellini (Juventus) ont été parmi les premiers à adhérer. Ont suivi Shinji Kagawa (Dortmund), Serge Gnabry (Bayern) et Kasper Schmeichel (Leicester), entre autres. Des stars, mais pas que. L’international andorran Ildefons Lima (Escaldes) a sauté le pas, comme Dennis Aogo (Hanovre), qui a décidé de reverser 2% de son salaire. Une soixantaine de femmes s’est également engagée en faveur du projet. Parmi elles, les championnes du monde américaines Alex Morgan et Megan Rapinoe mais aussi des joueuses au CV et aux revenus plus modestes telles que la Française Méline Gérard (Betis Séville) ou la Macédonienne Natasa Andonova (Levante). Ouverte à l’ensemble du milieu du football, cette initiative a attiré Julian Nagelsmann, l’entraîneur du RB Leipzig. Récemment, le projet a accueilli Jürgen Klopp dans ses rangs. Le coach de Liverpool a profité de la cérémonie The Best pour annoncer qu’il rejoignait le mouvement et appeler lui aussi à la mobilisation.

« Il en tient de notre responsabilité de donner quelque chose à des enfants qui ont juste besoin d’une chance dans la vie »

Tels étaient les mots du technicien allemand sur The Players’ Tribune : « Le football m’a tout donné mais je veux vraiment donner plus en retour au monde. Facile à dire, je sais. Mais comment peut-on vraiment se différencier ? Ces dernières années, j’ai été vraiment inspiré en voyant Juan Mata, Mats Hummels, Megan Rapinoe et d’autres footballeurs rejoindre l’organisation Common Goal. C’est pour cela que je verse 1% de mon salaire annuel à Common Goal, et j’espère que beaucoup, beaucoup d’autres personnes du monde du football me rejoindront. Il en tient de notre responsabilité, en tant que personnes privilégiées, de donner quelque chose à des enfants de la terre entière qui ont juste besoin d’une chance dans la vie. Il devrait y avoir une autre raison d’être dans ce sport que les recettes et les trophées, non ? Pensez juste à ce que nous pouvons réussir si nous nous unissons et donnons 1% de nos revenus pour changer positivement le monde. »

Le président de l’UEFA Aleksander Ceferin, le youtubeur Vinsky et l’ancien international français Eric Cantona ont eux aussi affirmé leur soutien au projet, de même que le club danois de Nordsjælland, qui reverse 1% de sa billetterie depuis mai 2018. Common Goal compte également des partenaires comme EA Sports, One Football, Facebook ou encore Banco Santander. Au total, plus d’un million d’euros a déjà été récolté depuis août 2017. Et les compteurs devraient continuer d’augmenter. Juan Mata, encore lui, a annoncé en septembre que 99% de l’argent tiré de la vente de son autobiographie, Suddenly A Footballer : My Story, reviendrait à Common Goal. L’Espagnol Alberto Prada, qui joue pour le SK Vorwärts Steyr, en Autriche, résume parfaitement l’idée derrière ce projet : « Le monde du football a beaucoup d’impact et de pouvoir. Nous devons l’utiliser pour créer une grande communauté pour aider les gens qui en ont le plus besoin ». Qui a dit que les footballeurs étaient égoïstes ?

Quentin Ballue

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