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CS Sedan Ardennes : qu’est devenu le club ?

Voilà six ans que le CS Sedan Ardennes évolue au niveau amateur. Les Sangliers ont connu bien des difficultés depuis 2013 et leur liquidation judiciaire. Désormais en National 2, ils espèrent retrouver leur place parmi les professionnels à moyen terme, tout en mesurant l’ampleur de la tâche qui les attend.

100 ans, ça se fête ! Le CSSA, fondé en 1919, a célébré son centième anniversaire le 14 septembre dernier. Roger Lemerre, Cédric Mionnet, Pius N’Diefi, Olivier Quint, Stéphane Noro… Tous étaient présents pour souffler les bougies d’un club historique du football hexagonal. Les Verts et Rouges ont connu leur heure de gloire au siècle dernier en remportant la Coupe de France par deux fois (1956 et 1961). Après une période de creux, les années 2000 ont coïncidé avec leur retour au premier plan. En points d’orgue : une cinquième place en Ligue 1 (2001), une participation à la Coupe de l’UEFA (2001-2002) ainsi qu’une finale de Coupe de France (2005). Les choses ont ensuite pris un tout autre tournant. Rétrogradé en Ligue 2 au terme de la saison 2006-2007, Sedan n’a plus remis les pieds dans l’élite depuis. Placé en liquidation judiciaire en 2013, le club a dû repartir du CFA 2. Et bien que le CSSA ait réussi à remonter en National, division dans laquelle il a évolué entre 2015 et 2017, il est désormais en National 2, la quatrième division.

« On sent que ça ne demande qu’à repartir »

« On est en National 2 certes mais c’est un club qui a un vécu, une histoire, un patrimoine. Il y a un gros noyau dur de supporters passionnés, qui sont là dans les bons comme dans les mauvais moments. C’est un appui énorme, on sent que ça ne demande qu’à repartir », explique le directeur sportif Julien Fernandez dans un entretien qu’il nous a accordé. Près de 9000 spectateurs étaient venus garnir les tribunes du stade Louis-Dugauguez le mois dernier pour célébrer le centenaire du club et assister, en clôture de l’événement, à la victoire de son équipe face à Sainte-Geneviève (1-0).

« Notre ambition est de nous battre pour retrouver le National 1. C’est un championnat très compliqué puisqu’une seule équipe monte. Beaucoup d’équipes sont bien armées pour jouer la montée dans notre poule mais on se concentre sur nous-mêmes et uniquement sur nous-mêmes », ajoute Julien Fernandez. La formule porte ses fruits pour le moment puisque les Sangliers sont inarrêtables depuis le début de la saison : vainqueurs de toutes leurs rencontres de championnat sans encaisser le moindre but, ils occupent la tête de leur groupe après sept journées, trois points devant Bastia.

« Il faut rester humbles, modestes et continuer à travailler. Ce n’est que le début »

Satisfait de ces résultats, le directeur sportif tempère cependant : « La force de l’équipe, c’est vraiment l’état d’esprit, la mentalité. On a vraiment des joueurs qui sont solidaires, travailleurs. Leur ambition et leur sens de la compétition se ressentent au quotidien. Aujourd’hui, les résultats sont favorables. Maintenant, le chemin est encore très long. Il faut rester humbles, modestes et continuer à travailler. Ce n’est que le début ». Il cite le Sporting Club de Bastia, Epinal, Sainte-Geneviève, Bobigny, Schiltigheim et Lusitanos comme principaux adversaires du CSSA pour la montée. Les Sangliers ont déjà affronté trois de ces équipes cette saison – Bastia et Lusitanos à l’extérieur, Sainte-Geneviève à domicile – et l’ont emporté à chaque fois sur le score de 1-0. Faut-il y voir un présage ? Les trois prochaines journées de championnat permettront d’y voir un peu plus clair puisque Sedan défiera justement Epinal (5 octobre), Bobigny (19 octobre) et Schiltigheim (2 novembre). L’occasion pour les hommes de Sébastien Tambouret de confirmer leur statut et d’envoyer un message fort au reste du championnat.

Si le club se concentre pour le moment sur la montée en National 1, l’ambition à moyen terme est claire : retrouver la Ligue 2, qu’il a quittée à l’issue de la saison 2012-2013. Le CSSA aurait les moyens d’assumer un retour dans le monde professionnel, à la fois en termes de structure et de finances, selon Julien Fernandez. Même si l’échéance est incertaine : « On reste dans le monde du sportif. On voit Grenoble qui a retrouvé récemment la Ligue 2, ils ont mis cinq ans pour sortir du guêpier du CFA. Pour nous, le premier pallier c’est d’atteindre très vite le National 1 et ensuite, l’objectif sera de rejoindre la Ligue 2 en un ou deux ans si possible. Sedan est un club disproportionné chez les amateurs. Le président et les actionnaires ont mis un projet en place afin d’assurer une certaine pérennité du club dans le temps. Pour nous, ce sera même plus simple quand on retrouvera le monde pro ». C’est tout ce que l’on peut souhaiter aux Sangliers, déterminés à retrouver une place significative dans le paysage footballistique français.

Quentin Ballue

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