Football

Espagne : un futur radieux pour la Roja

2019, année faste pour la sélection espagnole

Depuis les campagnes victorieuses des Espoirs et des U19 à leurs Championnats d’Europe respectif cet été, l’espoir du retour de la grande Espagne prend de l’ampleur de l’autre côté des Pyrénées.

Les fantômes d’une génération dorée

Fernando Torres en 2008, Andrés Iniesta en 2010 : deux buts qui resteront dans l’histoire du football espagnol. Le premier a permis à la Roja de remporter son premier Euro depuis 1964. Quant au second, encore plus iconique, il a propulsé les Espagnols sur le toit du monde. Deux moments de grâce, qui ont fait vibrer une nation entière. Seulement, depuis ce n’est plus la même chanson. Ainsi une élimination précoce au premier tour du Mondial 2014 a précédé un échec en huitième de l’Euro 2016 face à l’Italie. Enfin, la Coupe du Monde 2018 s’est muée en théâtre d’une parodie de football jouée par la Roja face à la Russie, également en huitièmes de finale.

Ces récents échecs ont provoqué un début de désamour entre les supporters et leur sélection. Le temps a passé et fait son œuvre. La génération dorée des Puyol, Iniesta, Torres, Xavi, Casillas et consorts a rendu son tablier. Seulement, le passage de flambeau avec la prometteuse nouvelle génération a connu quelques secousses. Pourtant, de nombreux joueurs de la Roja évoluent dans les plus grosses écuries européennes. Mais c’est une question d’alchimie qui peine à prendre depuis de nombreuses années.

Néanmoins, aujourd’hui l’espoir renaît. La sélection survole son groupe de qualification pour le prochain Euro (6 matchs, 6 victoires, 17 buts marqués, 3 encaissés). Malgré le faible niveau des adversaires, la Roja est bien lancée. Surtout que l’été a été brillant pour les jeunes pousses espagnoles. Les sélections Espoirs et U19 disputaient chacune le Championnat d’Europe. Point commun : les deux l’ont remporté brillamment. Autre malheureux point commun : les deux ont sortis l’Equipe de France en demi-finale.

Fin de course pour la génération dorée de Casillas, Iniesta et Torres

Un nouvel espoir par les Espoirs

Ainsi, les Espoirs ont pu s’appuyer sur une colonne de joueurs ayant déjà une belle expérience du haut niveau. Portée offensivement par le joueur de la Real Sociedad, Mikel Oyarzabal, la Rojita dispose d’un attaquant de classe internationale. En effet, le basque a déjà frappé trois fois et délivré deux passes décisives en six apparitions cette saison. Derrière lui, le milieu de terrain n’a rien à envier à beaucoup d’écuries. Dani Ceballos, feu follet issu du centre de formation du Real Madrid, évolue en numéro 10. Actuellement prêté à Arsenal pour gagner du temps de jeu, le joueur s’est mué en distributeur de caviars pour ses coéquipiers. Derrière lui, Fabian Ruiz, métronome du jeu du Napoli, contrôle le milieu de la Rojita. Associé à lui,  on retrouve la sentinelle catalane Marc Roca, récupérateur de ballons hors pair. Le joueur de l’Espanyol Barcelone s’est mis au diapason de ses deux coéquipiers, plus connus, et s’impose déjà comme un plausible successeur de l’indéboulonnable Sergio Busquets chez les seniors.

De plus, la charnière centrale composée de Jesus Vallejo et Unai Nuñez a démontré une maturité et une solidité impressionnante. De bon augure quand on sait le taulier Sergio Ramos au crépuscule de sa carrière. Disposant de nombreuses autres pépites très prometteuses comme Marc Soler (milieu droit de Valence) et Dani Olmo (milieu offensif du Dinamo Zagreb), la Rojita a pu remporter relativement aisément cet Euro. Et envoyer un message fort à ses futurs adversaires.

Les espoirs espagnols sur le toit de l’Europe.

Les U19 dans les pas de leurs aînés

Les U19 espagnols et le Championnat d’Europe c’est une vieille histoire. Vainqueur de l’épreuve à huit reprises (un record), les Ibériques font partie intégrante de l’histoire de la compétition. Ainsi, 2019 n’a pas dérogé à la règle. Forte d’un statut de favorite, la Rojita a confirmé les espoirs placés en elle. Le sélectionneur Santi Denia a pu compter sur un groupe solide composé d’individualités remarquables. Ferran Torres, l’artificier de Valence, Abel Ruiz, buteur de la réserve du Barça ou encore Bryan Gil, le vif ailier de Séville ont brillé. Si l’on rajoute le très prometteur latéral gauche Miranda, issu de la Massia et successeur annoncé de Jordi Alba, la relève est en marche.

Abel Ruiz et les U19 prennent rendez-vous avec l’avenir.

Il est commun pour une sélection de connaître des passages à vide. Celles-ci arrivent souvent après l’apogée d’une équipe. La Roja a connu un règne sans partage sur l’Europe et le Monde entre 2008 et 2012. Un règne auréolé de deux Euros et une Coupe du Monde. Seulement le Roi est tombé, déchu, parfois même humilié. Mais l’Espagne n’est pas morte. Elle a besoin d’un nouveau souffle, insufflé par sa jeunesse dorée. Couronnés champions d’Europe, les jeunes pousses espagnoless sont déjà très attendus pour succéder à leurs illustres prédécesseurs, quelque peu essoufflés. Seul l’avenir nous dira si les jeunes Oyarzabal, Ceballos, Torres, Roca et consorts parviendrons à remettre la Roja sur le toit du monde. Et à se faire une place parmi les Grands d’Espagne.

Cyprien Juilhard

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