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Franck Ribéry : le nouveau Duc de Florence

Ribéry lors de sa présentation en grande pompe au Stade Artemio-Franchi

Arrivé en grande pompe en Toscane pour relever un dernier défi, Franck Ribéry a déjà conquis l’Italie, montrant qu’à 36 ans il est toujours aussi tranchant.

Il y a des transferts qui marquent plus que d’autres. Les Florentins l’ont bien compris lorsque l’arrivée de Franck Ribéry a été officialisée. Ils étaient plus de 10 000 à venir lors de sa présentation au Stade Artemio-Franchi. Il aura suffit de quelques phrases alignées dans un italien déjà très bon pour finir d’embraser l’enceinte florentine. Il faut dire que la carrière du natif de Boulogne l’a précédé. Ses douze années de bons et loyaux services au Bayern Münich ont été récompensées par neuf titres de champion d’Allemagne, six coupes nationales et une Ligue des Champions notamment. Individuellement, Ribéry a également connu la gloire en étant nommé à trois reprises joueur de l’année de Bundesliga et meilleur joueur d’Europe en 2013. La même année, après une saison majuscule il se classe troisième au Ballon d’Or. Un pedigree remarquable pour le natif de Boulogne-sur-Mer.

Un projet ambitieux taillé pour Ribéry

A l’expiration de son contrat avec le Bayern en juin, les prétendants se bousculaient au portillon pour attirer l’ailier. Les rumeurs l’envoyaient avec insistance dans les pays du Golfe ou aux Etats-Unis où un salaire mirobolant l’attendait. Ribéry n’a pas décidé de suivre la voie prise par d’autres anciennes gloires avant lui, parties s’exiler pour un dernier contrat lucratif. Le Français à l’instinct de compétiteur encore aiguisé a posé ses valises chez la Fiorentina, seizième du Calcio l’an dernier. Un choix purement sportif motivé par l’attrait et l’ambition du projet toscan.

Débarqué sur les bords de l’Arno, Ribéry n’a pas mis longtemps à montrer qu’à 36 ans, il n’avait rien perdu de sa qualité technique. A court de rythme après un été sans club et sans préparation physique, le Français a pris place sur le banc pour les deux premières journées de Serie A. Deux entrées en jeu plutôt courtes et un peu poussives. C’est le 14 septembre, lors de la réception de la Juventus de Cristiano Ronaldo que Ribéry a connu sa première titularisation avec la Viola. Au-delà du prestige de l’affiche, c’était l’occasion de se délecter d’un énième affrontement entre deux seigneurs du ballon rond. Une joute conclue par un match nul et vierge dans laquelle Ribéry s’est montré à son avantage. Deux grosses occasions de buts et une omniprésence dans les phases offensives lui ont valu une vibrante standing-ovation du Stade Artemio-Franchi.

Ribéry et Ronaldo : deux monuments face à face

Un début de saison plein de promesses

Sa seconde titularisation face à l’Atalanta Bergame a rimé avec son premier but sous ses nouvelles couleurs. Une reprise de volée parfaite après un centre millimétré de son compère d’attaque Frederico Chiesa lui a permis de débloquer son compteur avec la Viola. L’association Ribéry-Chiesa en pointe de l’attaque s’est montrée très prometteuse. Les semaines se suivent et l’histoire se répète. Une passe décisive le weekend suivant face à la Sampdoria a offert à la Fiorentina sa première victoire de la saison. Il n’en fallait pas plus pour que le « Kaiser » soit définitivement adoubé par le public toscan. Néanmoins, le match référence du début de l’ère Ribéry est intervenu quelques jours plus tard.

Un très grand Ribéry a porté la Fiorentina face au Milan AC (3-1)

Sixième journée de championnat : la Fiorentina se déplace en Lombardie pour affronter le Milan AC. Un affrontement toujours redouté au vue de l’ambiance bouillante du mythique San Siro. Pourtant, c’est une déferlante violette qui va s’abattre sur les milanais. Porté par un Ribéry des grands soirs la Viola s’imposera facilement (3-1). Le Français a été a l’origine du premier but florentin après un slalom superbe qui a abouti à un penalty sifflé sur Chiesa. Il a ensuite provoqué un carton rouge afin d’inscrire le troisième but de son équipe. La performance XXL de Ribéry lui a valu une magnifique standing-ovation du public milanais à sa sortie. Son entraîneur, Vincenzo Montella, a été dithyrambique à la fin de la rencontre.

Il l’a méritée. Il est toujours décisif, toujours dans la partie même si on voit qu’il n’a plus les jambes d’il y a cinq ou six ans. Il a fait un match fantastique. Fantastique»

Vincenzo Montella, entraîneur de la Fiorentina, à propos de la standing-ovation de San Siro pour Franck Ribéry.

Coup de sang romain

Pétage de plomb de Ribéry qui bouscule l’arbitre après la défaite face à la Lazio (1-2).

Après des débuts aussi réussis, Ribéry remporte le trophée de joueur du mois de septembre de Serie A. Une distinction amplement méritée mais qui précède une période plus compliquée. Lors de la réception de la Lazio Rome, le Français délivre sa seconde passe décisive de la saison pour l’inarrêtable Frederico Chiesa. Insuffisant pour la Viola qui s’incline (2-1). Après le coup de sifflet final, les Florentins encerclent les arbitres protestant contre un but accordé aux Romains. Ribéry, fou de rage, pousse alors à deux reprises l’arbitre assistant. Carton rouge logique et une suspension de trois matchs pour le Français. Sanction logique qui prive la Fiorentina de son homme en forme pour les prochaines rencontres. Ses excuses immédiates sur les réseaux sociaux lui ont sûrement empêché une sanction plus lourde. Aujourd’hui, il a purgé sa suspension et se prépare à revenir, plus fort que jamais après la trêve internationale.

Ainsi, Ribéry s’est offert une cure de jouvence sur les bords de l’Arno. Nouveau pays, nouveau style de jeu : tant de facteurs qu’il n’aura pas mis longtemps a appréhender. A 36 ans, son leadership et sa qualité technique tirent la Fiorentina vers le haut du tableau. Arrivé en star, le « Kaiser » bavarois n’est plus très loin de devenir le nouveau Duc de Florence.

Cyprien Juilhard

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