LE HAVRE, FRANCE - JUNE 23: Amandine Henry of France scores her team's second goal during the 2019 FIFA Women's World Cup France Round Of 16 match between France and Brazil at Stade Oceane on June 23, 2019 in Le Havre, France. (Photo by Alex Grimm/Getty Images)
Football

Huitièmes de finale : Les favoris ont-ils tenu leur rang ?

La première partie de la phase éliminatoire à savoir les huitièmes de finale du mondial 2019 s’est achevée mardi 25 juin 2019, l’occasion de revenir sur les prestations des équipes qualifiées pour la phase de match à élimination directe et analyser les performances des équipes favorites au titre final.

Allemagne/ Nigéria

Ce match marquait l’ouverture des huitièmes de finale, l’Allemagne a surclassé son adversaire du jour à savoir le Nigéria en s’imposant 3 à 0 grâce à des buts de Popp (20 ème minute), Dabritz sur pénalty (27 ème minute) et de Schuller (82 ème minute).

Même si le score reflète la physionomie de la partie, l’équipe nigérianne a démontré de belles qualités sur le terrain notamment en terme d’état d’esprit puisque malgré le score défavorable, les falcons n’ont jamais abdiquées et ont mis durant toute la partie du coeur à l’ouvrage. Le parcours du Nigéria laisse présager un bel avenir pour cette équipe qui regorge de talent à l’image de son attaquante star : Asisat Oshoala qui évolue actuellement sous les couleurs du FC Barcelone.

Concernant la Mannschaft, outre la qualification pour le match suivant, ce match laisse une fois de plus transparaître l’efficacité de sa défense puisque l’Allemagne n’a toujours pas encaissé le moindre but dans la compétition, enchaînant un quatrième clean shit pour la portière allemande qui évolue en club sous les couleurs de Wolfsburg : Almuth Schult.

Au prochain match, les allemandes affronteront les suédoises samedi 29 juin à Rennes dans un match où les filles de Martina Voss-Tecklenburg partiront favorites malgré une équipe scandinave accrocheuse.

Norvège/ Australie

Premier match de la compétition qui se termine après une séance de tirs au but largement dominé par les norvégiennes qui se sont montrées plus réalistes face à des australiennes fébriles à l’image de leur capitaine : Sam Kerr qui a raté le premier penalty pour les Matildas (4 à 1 lors de la séance de TAB pour un score final de 2 à 1) au terme d’un match très disputé et très plaisant.

Victoire de la Norvège à l’issue des TAB

Toutefois, sur le contenu du match les australiennes peuvent avoir des regrets puisque les Matildas ont été trop timorée face à la gardienne norvégienne alors qu’elles ont eu les occasions pour ouvrir la marque en première et par la suite s’imposer sans passer par la phase de prolongation, mais les figures offensives australiennes à l’image de Sam Kerr ne se sont que trop peu montrées présentes tandis que les scandinaves ont été réaliste lorsqu’elles en ont eu l’opportunité.

Les norvégiennes sur ce match ont étendu l’immensité de leur talent en transformant leur jeu par rapport à la phase de poule, en haussant leur niveau technique et tactique qui ont permis de l’emporter face à unetoute aussi intéressante équipe australienne en terme de jeu; malheureusement un match de football, peut être encore plus un match à élimination directe, se gagne sur des détails et la séance de tirs au but et sa préparation font partie intégrante de ces détails.

En quart de finale, les norvégiennes affronteront les anglaises jeudi 27 juin 2019 au Havre, match où elles seront outsiders mais qui peuvent tout de même proposer une tactique qui pourrait mettre à mal le plan de jeu anglais.

Angleterre/ Cameroun

Dans un match où les Lionesses ont outrageusement dominé leurs adversaires du soir : le Cameroun (3 à 0), dans un match pas forcément simple physiquement puisque les camerounaises basent leur style de jeu sur l’impact physique et mentalement puisque les camerounaises jugeant certains faits de jeu à leur désavantage ont voulu saboter le match en refusant de reprendre le match par deux fois, suite au deuxième but anglais inscrit par Ellen White (44 ème minute) car les lionnes indomptables estimaient qu’il y avait hors jeu de l’attaquante anglaise (hors jeu inexistant confirmé par la ligne révélatrice de hors jeu de la VAR) puis lorsque les camerounaises pensaient pouvoir revenir au score en inscrivant un but mais qui a été refusé pour hors jeu (existant celui-ci malheureusement).

Ce comportement des camerounaises lors de ce match est préjudiciable à plusieurs titres puisqu’il montre une image négative de cette équipe voire affublé d’une case de mauvais perdant alors que la partie a été incontestablement dominée par les anglaises. De plus, il s’agit de la dernière impression que vont laisser ces joueuses lors de cette Coupe du monde alors qu’il s’agit d’une équipe très intéressante dans leur qualité de jeu et dans l’animation offensive et à cause de ce comportement exécrable, les lionnes voient leur parcours résumé à ces faits dans les médias. Pire encore, la Confédération Africaine de Football (CAF) s’est saisie du dossier et à ouvert une enquête dont les sanctions peuvent être fortement préjudiciables pour les Camerounaises.

Les anglaises affronteront la Norvège jeudi 27 juin 2019 dans un match où elles partent grande favorite face à une équipe norvégienne coupable d’irrégularité durant la phase de poule avant de se montrer brillantes en huitièmes de finale.

France/ Brésil

Au terme des prolongations, la France finit par s’imposer 2 à 1 grâce à une reprise d’Amandine Henry sur corner à la 107 ème minute anéantissant les espoirs brésiliens, même si la Seleçao de Marta aura fait tremblé les françaises jusqu’à la dernière seconde.

Néanmoins, malgré la victoire finale, les bleues n’ont pas rassuré et ont semblé être rongées par la pression. Faible techniquement comme l’a déclaré Corinne Diacre à la mi-temps du match :

« On n’a pas aligné trois passes »

RMC Sport (24/06/2019)

En effet, au cours de la première mi-temps les bleues n’ont cadré aucune frappe. Toutefois même si la seconde mi-temps a été plus prolifique en occasions franches et en buts; les bleues ne sont pas parvenues à mettre en place leur jeu offensif, la faute à des brésiliennes rugueuses sur le ballon et la joueuse qui ont imposé un véritable défi physique aux françaises et auraient même pu l’emporter en fin de match sur un superbe tir décroisé de Debinha qui a malheureusement trouvé sur son chemin Griedge Mbock pour empêcher le ballon de pénétrer dans les filets bleus.

Le sauvetage salvateur de Mbock

En quart de finale, les bleues vont croiser la route des favorites et championnes du monde en titre : les Etats-Unis. Il faudra pour espérer l’emporter rehausser le niveau technique, être diablement efficace face aux barres et éviter de laisser toute faille défensive notamment dans les couloirs.

Espagne / USA

Dans un match où les Etats-Unis ont été chahutée dans le jeu, les coéquipières d’Alex Morgan parviennent toutefois à bout d’une équipe espagnole tenace et valeureuse sur le score de 2 buts à 1.

Le premier but encaissé par les USA dans cette compétition est à mettre au compte de la meneuse de jeu espagnole : Jenifer Hermoso sur une erreur de relance de la gardienne américaine. Malgré la concurrence sérieuse des espagnoles dans le jeu, elles n’ont quand même pas réussi offensivement à inquiéter la défense américaine plus que de rigueur, même si les américaines ont eu des défaillances techniques notamment sur les relances peu habituelles et l’on peut aisément imaginer que la technicité espagnole leur a posé un problème que les américaines n’avaient jusqu’à ce stade de la compétition pas encore rencontré.

Le premier but encaissé par les américaines au cours de ce Mondial

En quart de finale les Etats-Unis rencontreront la France vendredi 28 juin 2019 à Paris, les américaines malgré l’impression d’invulnérabilité se sont montrées fébriles défensivement au cours de ce match. Pour espérer se qualifier en demi-finale, les joueuses de Corinne Diacre devront se montrer rigoureuse en défense et intraitable en attaque pour pouvoir rivaliser avec des américaines qui ne disent jamais leur dernier mot.

Suède/ Canada

Les suédoises au terme d’un match terne et sans saveur finissent par s’imposer logiquement face à des canadiennes peu enjouées tant la principale arme, à savoir son attaque masterclass et notamment son attaquante star Christine Sinclair se sont révélées inefficaces.

Les suédoises n’ont tout de même pas volé leur victoire, plus réaliste offensivement : l’ancienne montpelliéraine Stina Blackstenius inscrira à la 55 ème minute l’unique but de la rencontre. Néanmoins, le Canada aurait pu recoller au score 10 minutes plus tard, sauf que oui mais voilà Beckie qui était en charge du penalty ne l’a pas transformé ou plutôt Hedvig Lindahl (gardienne de la Suède et de Chelsea) a réalisé une sublime parade pour maintenir l’avance de son équipe. Suite à ce penalty raté par le Canada, peu de choses seront à retenir de la fin de la rencontre et la Suède l’emporte donc par la plus petite des marges.

Arrêt de Lindahl (Suède) sur le pénalty de Beckie (Canada) à la 69 ème minute

En quart de finale, les scandinaves rencontreront les allemandes qui partent favorites sur le papier et les suédoises dans le jeu ne semblent pas à même de contrarier cette équipe allemande qui est l’actuelle meilleure défense de ce mondial et dotée d’une armada offensive tout aussi imposante malgré la blessure de leur maestro Dzenifer Marozsan.

Italie/ Chine

L’Italie est sans nul doute la révélation de ce Mondial 2019, en effet cela faisait 20 ans que la Squadra Azzura n’avait pas participé à une Coupe du monde et parvient pour son retour à se hisser jusqu’en quart de finale tout en proposant un jeu complet : efficace offensivement et solide défensivement. Ce renouveau s’organise en grande partie autour des joueuses cadres de la Juventus Turin comme l’attaquante Barbara Bonansea auteur d’un doublé lors de la phase de poule ou la milieu de terrain Aurora Galli qui a inscrit le second but de la soirée face à la Chine.

Les italiennes sans complexe ont triomphé des chinoises qui pourtant forte d’une grande expérience en phase de match à élimination directe n’ont pas réussi à trouver la clé pour venir à bout du verrou italien. La Squadra Azzura s’est imposé par un score de 2 buts à 0.

Outre l’aspect footballistique, un véritable lien est en train de se nouer entre les italiens et leur équipe féminine. En effet jusqu’à aujourd’hui jamais un journal transalpin n’avait consacré un papier au foot féminin alors que depuis la phase de groupe de nombreux quotidiens sportifs italiens leur consacrent des doubles pages. Symbole très fort lorsque l’on sait que les joueuses italiennes ne possèdent même pas le statut de professionnelle, ce mondial est donc l’occasion de faire entendre aux instances dirigeantes leurs revendications qui comme l’a rappelé Abby Wambach (ancienne joueuse internationale américaine) dans une interview pour Bein sport que les femmes jouent au football et se battent lors des différentes échéances internationales pour pouvoir manger à la fin du mois.

En quart de finale, l’Italie retrouvera les Pays-Bas dans un match qui s’annonce d’emblée comme l’un de ceux qui sera le plus indécis jusqu’au coup de sifflet final tant l’Italie impressionne et se positionne désormais comme faisant partie des équipes favorites face à l’un des mastodontes du football européen féminin : les Pays-Bas emmené par tout un peuple.

Pays-Bas/ Japon

Ce fut l’un des matchs les plus indécis de la compétition pour l’instant. En effet, si les néerlandaises semblaient dominer outrageusement le match en première mi-temps notamment grâce à un but inscrit à la 17 ème minute par la barcelonaise Lieke Martens. Toutefois, peut être par manque de concentration ou par suffisance, les Oranje se voit rejoindre au score juste avant la mi-temps grâce à un superbe but de Yui Hasegawa. Les rôles s’inversent en seconde période et ce sont alors les blue samouraïs qui prennent le jeu à leur compte sans réussir à inscrire le but de la délivrance… délivrance qui viendra pour les hollandaises à la 90 ème minute grâce à l’intervention de la VAR et sans se faire prier Martens s’exécute et inscrit un doublé salvateur qui qualifie les Pays-Bas en quart de finale.

Les japonaises peuvent à l’instar des brésiliennes nourrir des regrets puisqu’elles ont eu les occasion pour prendre les devants au score mais n’ont pas réussi à saisor leur chance. Néanmoins, la prestation japonaise s’est révélée rassurante comparé aux matchs de poule où les partenaires de Saki Kumagai avaient été totalement transparentes; en effet, les japonaises ont retrouvé ce qui faisait leur force : leur jeu en triangle offensif accompagné d’une bonne rotation au sein des joueuses sur le terrain. Cependant les championnes du monde 2011 se voient éliminées prématurément des phases finales, elles qui restaient sur une victoire en 2011 et une deuxième place en 2015.

Cruel dénouement pour les japonaises et leur capitaine Saki Kumagai

En quart de finale, les Pays-Bas retrouveront le surprenante équipe d’Italie , ce qui promet une partie fort intéressante et fortement enjouée et qui aura lieu samedi 29 juin 2019 à Valenciennes.

En conclusion, les équipes qui étaient favorites en début de tournois sont quasiment toutes présentes pour les quarts de finale hormis le Japon remplacé dans cette compétition par l’Italie et qui promet une suite de compétition alléchante.

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