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Le bon air Allemand, ou comment nos jeunes pépites françaises éblouissent la Bundesliga

Appréciée de tous les amateurs de football grâce au spectacle qu’elle propose, la Bundesliga est devenue ces dernières années le nouvel eldorado des jeunes talents français. Retour sur cet effet de mode qui touche de plus en plus nos pépites.

Le derby de la Ruhr qui s’est tenu ce samedi entre le Bayer Leverkusen et le Borussia Dortmund (4-3) l’a encore prouvé : La Bundesliga est l’un des championnats les plus spectaculaires en Europe. Chaque week-end, c’est une pluie de buts qui s’abat sur les stades d’Outre-Rhin. En Allemagne, rares sont les matchs où les scores restent nuls et vierges, rares sont les équipes qui ne livrent pas une prestation séduisante. Et lorsque le spectacle n’est pas au rendez-vous sur le terrain, il est assuré par la passion des tribunes déchaînées. L’ambiance de ce championnat n’est plus à prouver, puisque l’affluence des stades allemands est en moyenne deux fois supérieure à la Ligue 1.

Depuis quelques années, ce cadre idyllique pour les amoureux du ballon rond attire nos jeunes pépites. Ces derniers semblent tous avoir un même objectif : S’imposer dans un grand club dans l’espoir d’accrocher à terme la sélection française.

Sur les traces de Coman et Pavard, les modèles de réussite

Benjamin Pavard, Kinglsey Coman et Corentin Tolisso donnent au Bayern un accent français. Crédits: Icon Sport

Sur les 25 joueurs de nationalité française présents en Outre-Rhin, 18 ont moins de 23 ans. Avec plus ou moins de réussite, beaucoup s’imposent petit à petit au sein de leurs formations respectives. En dépit de leurs jeunes âges, certains se montrent déjà indispensables et jouent déjà les premiers rôles en tant que titulaires : C’est par exemple le cas pour Christopher Nkunku et Dayot Upamecano (22 et 21 ans, RB Leipzig), Dan-Axel Zagadou (20 ans, Borussia Dortmund), Moussa Diaby (20 ans, Leverkusen), Moussa Niakhate (23 ans, Mayence), ou plus récemment Jean Todibo (20 ans, Schalke 04, prêté par le Barça). Ils affichent chaque semaine de solides performances et progressent de jour en jour. Une progression qui n’aurait sans doute pas été possible sans un départ en Bundesliga.

En quête de temps jeu, beaucoup de ces jeunes joueurs ont quitté leur ancien club en ayant dans la tête les parcours de Benjamin Pavard et de Kingsley Coman. Le premier avait quitté Lille pour Stuttgart, où il avait rapidement pu exprimer sa valeur au point d’être sélectionné par Didier Deschamps pour le mondial 2018. Le second est passé des bancs de Ligue 1 et de Serie A aux pelouses de Bundesliga. Et malgré des blessures qui freinent sa progression, il s’est imposé comme un joueur indispensable en Bavière lorsqu’il est apte à jouer. Ainsi, des pépites telles que Mukiélé, Cuisance, Pléa, Thuram, Doucouré ou encore N’Dicka espèrent obtenir le même succès que nos deux internationaux. Mais comment expliquer cette réussite de plus en plus fréquente des français dans ce Championnat ?

Une approche de la jeunesse profitable aux joueurs comme aux clubs ?

Dan-Axel Zagadou, 20 ans et titulaire au BVB, semble avoir la pleine confiance de son entraîneur Lucien Favre. Crédits: France Football

Cet effet de mode est en réalité un réel moyen pour les joueurs d’acquérir une nouvelle dimension. Il tire sa réussite de plusieurs points. Tout d’abord, il semblerait que les clubs allemands accordent plus facilement de temps de jeu aux jeunes qu’en France. Ces derniers sont tout de suite plongés dans le grand bain et doivent par conséquent répondre aux attentes placées en eux. Les entraîneurs allemands semblent avoir trouvé la formule pour exploiter au mieux le potentiel de cette génération talentueuse. Ainsi, ce championnat attire les jeunes français qui cherchent plus de responsabilités et qui souhaitent progresser rapidement.

Recrutés pour des sommes généralement modiques, les joueurs ne représentent pas un grand risque pour les clubs. Au contraire, ils ont tout à y gagner et bon nombre d’entre eux cherchent à rééditer le pari de Dortmund sur Ousmane Dembélé. Acheté à Rennes pour 15 millions d’euros, il avait été revendu pas moins de 8 fois plus cher au FC Barcelone (125 Millions). Cette plus-value extraordinairement rentable pour le club de la Ruhr continue de nourrir les fantasmes des autres clubs de Bundesliga.

La combinaison de ces deux derniers points est la clé de compréhension de la réussite de ce modèle. Les clubs allemands recrutent des joueurs issus d’une génération talentueuse et d’un championnat qui regorge de talents, avant de leur faire confiance pour maximiser leur épanouissement. Les performances éblouissantes des jeunes pépites françaises offrent alors de belles perspectives à court, à moyen et à long terme.

T.D.

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