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Liverpool à l’heure de la confirmation

Le 1er juin restera une date à jamais gravée dans la mémoire des Scousers. Sevrés de titre depuis une Coupe de la Ligue glanée en 2012, les Reds ont renoué avec leur glorieuse histoire en décrochant une sixième Ligue des Champions. Après la joie et l’extase, les champions d’Europe remettent les compteurs à zéro. Ils donneront le coup d’envoi de leur saison dimanche à Wembley face à Manchester City, lors du Community Shield. Un match de gala qui pourrait permettre aux Reds de soulever un nouveau trophée. Et de démarrer idéalement un exercice 2019-2020 pour lequel ils sont attendus au tournant.

Liverpool est face à un défi de taille : retrouver le toit du Royaume, après celui de l’Europe. La Premier League échappe aux Reds depuis 1990. Une anomalie pour  un club sacré à 18 reprises – seul Manchester United fait mieux. Il s’en est fallu de peu pour que le titre national revienne sur les bords de la Mersey la saison dernière, mais Liverpool a échoué à un petit point du City de Pep Guardiola. Difficile néanmoins de parler d’échec au regard de la fantastique régularité des Reds, qui ont amassé 97 points (un record pour un dauphin) et qui n’ont connu qu’une seule défaite en 38 journées de championnat. Le tout en bataillant jusqu’au bout en Ligue des Champions. Jürgen Klopp a remis Liverpool à sa place, c’est-à-dire sur le devant de la scène, à la bataille pour les plus grands trophées. Maintenant que l’armoire à trophées a été dépoussiérée, les Reds veulent continuer sur leur lancée.  Remporter la couronne d’Angleterre semble dans la logique des choses désormais. De là à revoir les rues de Liverpool rouges de monde en mai prochain autour d’un bus à impériale ? La tâche sera ardue. Mais le terme « impossible » ne fait pas partie du vocabulaire des pensionnaires d’Anfield.

Un rythme infernal avec l’accumulation des matchs

Les hommes de Jürgen Klopp vont devoir enchaîner après une saison aussi longue qu’intense – 53 matchs disputés. Les choses sérieuses vont commencer d’entrée avec six rencontres au mois d’août. Le calendrier du LFC va sensiblement s’épaissir avec, outre le Community Shield, la Supercoupe d’Europe contre Chelsea le 14 août et la Coupe du monde des clubs au Qatar en décembre. Une compétition qui devrait surcharger encore un peu plus un agenda déjà bien rempli d’ordinaire pendant la période hivernale.

Compétitions continentales obligent, plusieurs cadres ont d’ailleurs dû jouer les prolongations. Vainqueurs de la Copa America, les Brésiliens Roberto Firmino et Alisson Becker ont été sollicités jusqu’au 7 juillet. Éliminé en huitièmes de finale avec l’Egypte, Mohamed Salah a été engagé en Coupe d’Afrique des nations jusqu’au 6 juillet. Sadio Mané, lui, est allé jusqu’en finale avec le Sénégal, disputant son dernier match de la saison le 19 juillet. Ce sont donc quatre joueurs déterminants au sein de l’effectif de Jürgen Klopp qui n’ont pas pu participer, ou seulement partiellement, à la pré-saison avec leurs coéquipiers et qui mettront peut-être un peu plus de temps à retrouver leur rythme de croisière. Mané est d’ores et déjà absent pour le Community Shield puisqu’il ne rejoindra son club que le 5 août. 

Un mercato sans renfort de premier plan

Les noms de Dani Ceballos, Marco Asensio ou encore Nicolas Pépé ont circulé dans les médias, mais sans se concrétiser par une signature. Le vice-champion d’Angleterre n’a recruté qu’un jeune défenseur central de 17 ans venu du PEC Zwolle, le Néerlandais Sepp van den Berg, et l’ailier de 16 ans Harvey Elliott, en provenance de Fulham. Ce qui n’inquiète pas outre mesure Jürgen Klopp, qui déclarait récemment : « Brewster et Oxlade-Chamberlain n’ont pas joué la saison dernière… Ces jeunes, aujourd’hui, ce sont de nouveaux joueurs pour nous ». L’entraîneur allemand compte donc sur ses blessés d’hier pour venir renforcer son effectif.

Recruté contre 43 M€ en août 2017, Alex Oxlade-Chamberlain (25 ans) a manqué un an de compétition entre avril 2018 et avril 2019 en raison d’une blessure au genou. Son compatriote Rhian Brewster (19 ans) est l’un des grands espoirs du football britannique. Meilleur buteur de la Coupe du monde des moins de 17 ans en 2017, il s’était distingué en trouvant le chemin des filets en quarts, en demies puis en finale de la compétition, remportée par l’Angleterre. Freiné dans sa progression par une grave blessure à la cheville en janvier 2018, le jeune attaquant a dû attendre mars 2019 avant de disputer un nouveau match. Il dispose toutefois de la confiance de Jürgen Klopp, en témoigne sa présence sur la feuille de match lors de la demi-finale retour contre Barcelone et lors de la finale de la Ligue des Champions, remportée 2-0 face à Tottenham. Il remplacera numériquement Daniel Sturridge, qui a quitté le club.

Au-delà du retour des blessés, Liverpool a vu plusieurs jeunes revenir de prêt cet été. Harry Wilson pourrait avoir un rôle important lui aussi durant cette saison. L’ailier de 22 ans a brillé avec Derby County lors de l’exercice précédent – 18 buts sous les ordres de Frank Lampard. Titularisé contre Lyon mercredi, l’Anglais a fait forte impression en marquant d’une superbe frappe du gauche. Reste à voir s’il sera toujours chez les Reds à la fin du marché estival, puisque Jürgen Klopp n’a pas totalement fermé la porte à un transfert.

Le constat vaut également pour Ryan Kent (22 ans), qui a pris de l’épaisseur avec les Glasgow Rangers – membre de l’équipe type du championnat et élu meilleur jeune de l’année. Ailier polyvalent, Kent était impliqué dans les trois buts de la victoire contre Bradford en juillet. Klopp espère aussi pouvoir s’appuyer davantage sur un joueur comme Adam Lallana qui, souvent à l’infirmerie, n’a été titularisé que six fois lors de l’exercice précédent. Le milieu anglais a montré des choses intéressantes en pré-saison au poste de n°6, dans un rôle « à la Jorginho ».

Le choix de la continuité

Ces derniers mois, le club de la Mersey a prolongé plusieurs de ses cadres. Divock Origi, Mohamed Salah, Sadio Mané, Jordan Henderson, Joe Gomez, Trent Alexander-Arnold et Andy Robertson ont tous paraphé un nouveau contrat plus ou moins récemment. Liverpool n’a pas besoin de vendre et a la surface financière pour acheter, mais Jürgen Klopp a opté pour la stabilité. 

« Ce sont nos transferts. Vous avez un joueur, il est bon, vous voulez le gardez. Ces nouveaux contrats, garder les garçons ici, c’était un signal fort . »

Jürgen Klopp sur ESPN le 26 juillet

On ne change pas une équipe qui gagne, certes, mais injecter un peu de sang neuf pourrait permettre d’étoffer l’effectif et donc de faire davantage souffler les cadres avant les grands rendez-vous. L’enchaînement des rencontres accentuera le risque de blessures, notamment dans le secteur offensif, où Mané, Firmino et Salah sont difficilement remplaçables. Trouver un joueur capable de suppléer Andy Robertson ou Trent Alexander-Arnold aurait également pu être bénéfique avec le départ d’Alberto Moreno et la grave blessure de Nathaniel Clyne. Si Gomez, Fabinho ou Milner sont des alternatives possibles, recruter un spécialiste du poste ne serait pas du luxe avec ce qui attend les Reds cette saison. Tout reste possible jusqu’au 8 août, date de fermeture du mercato outre-Manche.

Avant le coup d’envoi de la saison, Manchester City semble toujours disposer d’une longueur d’avance en termes de profondeur de banc et fait figure de favori à sa propre succession en Angleterre. L’essentiel est ailleurs pour Jürgen Klopp : il dispose d’une équipe qui lui ressemble. Perfectible mais bien armée et surtout déterminée à aller loin. Histoire de faire de nouveau chavirer une ville dont le cœur bat pour le ballon rond, et de porter le Liver Bird au plus haut.

Quentin Ballue

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