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L’OGC Nice racheté, de nouvelles ambitions mais lesquelles ?

L’OGC Nice est entré dans une nouvelle ère cet été en étant racheté par le milliardaire britannique Jim Ratcliffe. Nouveau propriétaire, nouveaux moyens, nouvelles ambitions : les Aiglons voient loin. Très loin.

« Le chemin a été long pour en arriver là, mais nous étions déterminés à finaliser le rachat du club. Avec un investissement raisonnable et mesuré, nous voulons faire de l’OGC Nice un club capable de participer régulièrement aux compétitions européennes. Et surtout capable d’y performer ». Tels étaient les mots de Jim Ratcliffe à l’annonce du rachat de l’OGC Nice par INEOS le 26 août. Désormais sous pavillon britannique, le club azuréen et ses supporters espèrent passer un cap. Si le patron d’INEOS ne compte pas dépenser sans compter, sa prise de pouvoir est synonyme de moyens revus à la hausse pour l’OGC Nice. Le ton a immédiatement été donné lors du mercato estival.

Un recrutement évocateur

Six recrues ont posé leurs valises sur les bords de la Méditerranée, pour près de 50 M€ d’euros dépensés. Les cartes ont totalement été rebattues en attaque, où Alexis Claude-Maurice, Kasper Dolberg et Adam Ounas sont arrivés. De quoi redonner des serres acérées à des Aiglons trop souvent inoffensif la saison dernière – 18e attaque du championnat. Recruter en attaque était d’autant plus nécessaire avec le départ d’Allan Saint-Maximin pour Newcastle. Auteur de 6 buts et 3 passes décisives, l’attaquant français était directement impliqué sur un tiers des buts niçois en championnat la saison passée.

Recruté pour 20 millions d’euros, Kasper Dolberg (21 ans) est devenu la recrue la plus chère de l’histoire du club. Le jeune attaquant s’est révélé à l’Ajax Amsterdam durant la saison 2016-2017. Alors âgé de seulement 19 ans, il crève l’écran en inscrivant 23 réalisations, dont 7 en Ligue Europa. L’Olympique Lyonnais avait croisé la route du Danois en demi-finales et s’en rappelle encore… Buteur à l’aller et au retour, Dolberg avait joué un bien mauvais tour aux hommes de Bruno Génésio, éliminés 5-4 à l’issue de la confrontation. Freiné par les blessures, Dolberg a ensuite progressivement reculé dans la hiérarchie, dépassé par Dusan Tadic et Klaas-Jan Huntelaar. Il a tout de même marqué 12 buts la saison passée, preuve que le talent est toujours là. Patrick Vieira en est persuadé : « C’était notre objectif de trouver cet attaquant au niveau international pour nous porter à une autre dimension. C’est un joueur qui peut évoluer tout seul devant, qui techniquement est très confortable avec le ballon. Mais ce qui m’a vraiment plu chez lui, c’est sa générosité sur le terrain. C’est un attaquant capable de marquer, un joueur important pour le futur de l’OGC Nice ».

Formé à Lorient, Alexis Claude-Maurice a brillé la saison passée avec les Merlus – 14 buts et 4 passes décisives en Ligue 2. L’ailier de 21 ans va maintenant pouvoir apprendre en Ligue 1 avec Nice, qui a déboursé environ 15 millions d’euros pour l’enrôler. « C’est un joueur qui peut évoluer sur le côté ou juste derrière l’attaquant. Il est capable de percuter, d’éliminer, de jouer entre les lignes et de marquer entre 10 et 15 buts par saison. L’avoir est vraiment un gros coup pour nous et pour le groupe, il va nous faire évoluer. Ça va me permettre à moi aussi d’avoir beaucoup plus de choix sur le plan offensif », se réjouissait Vieira fin août.

Enfin, le milieu offensif Adam Ounas a débarqué en prêt. L’international algérien formé à Bordeaux fait son retour en Ligue 1 après deux ans à Naples, où son temps de jeu était limité. Le coach des Aiglons ne tarit pas d’éloges à son sujet : « C’est un joueur qui sait tout faire, c’est vraiment le profil qu’on recherchait. Il est capable de rendre meilleurs les joueurs autour de lui, c’est un joueur capable d’être à la finition, de donner la dernière passe. On attend beaucoup d’Adam. Malgré son âge, c’est un joueur qui a énormément d’expérience. Ça va être un joueur important dans notre collectif ».

Alexis Claude-Maurice, Kasper Dolberg et Adam Ounas

Pour ce qui est du secteur défensif, les Aiglons ont accueilli Stanley Nsoki. L’international Espoirs français s’est engagé contre 12 millions d’euros selon l’estimation de L’Equipe. Confronté à une concurrence féroce au PSG, le défenseur de 20 ans aura l’occasion de jouer davantage et de progresser sous les ordres de Patrick Vieira. Il présente l’avantage de pouvoir évoluer comme latéral gauche mais aussi dans l’axe. Enfin, Khéphren Thuram (18 ans), formé à l’AS Monaco, et Hichem Boudaoui (20 ans), international algérien arrivé en provenance du Paradou AC pour un transfert estimé à 4 millions d’euros, sont venus étoffer l’entrejeu.

Cette fenêtre estivale a mis en évidence la volonté de l’OGC Nice de miser sur des joueurs d’avenir : la plus âgée des six recrues estivales, Adam Ounas, n’a en effet que 22 ans. Faire confiance à des jeunes joueurs implique d’être patient. Il faudra du temps à l’équipe pour arriver à maturité. Mais les Aiglons en récolteront les fruits dans les mois et les années à venir. « Si on veut réussir dans ce projet, il nous faut travailler avec des jeunes joueurs. C’est pour ça que le scouting est un axe très important. Autant le dire de suite : nous n’allons pas recruter des joueurs de 27 ou 28 ans. Certes, c’est un risque, mais si on travaille bien, qu’ils ont la bonne attitude et la bonne mentalité, qu’on les encadre bien dans le vestiaire et sur le terrain, ce sera bon pour le club », avait expliqué Robert Ratcliffe, président d’INEOS Football, le 27 août en conférence de presse.

La mayonnaise à la niçoise commence à prendre

Cet OGC Nice « new-look » signe un début de saison encourageant, dans le sillage notamment de Wylan Cyprien (3 buts et 2 passes décisives) et Youcef Atal (1 but). Les hommes de Patrick Vieira ont remporté quatre de leurs sept premiers matchs de championnat et réussi à marquer lors de chacune de leurs rencontres. Bémol : Walter Benitez et sa défense n’ont pas encore réalisé le moindre clean-sheet. Beaucoup de travail reste à accomplir mais les Aiglons peuvent avancer avec espoir. Les recrues commencent à prendre leurs marques, comme en témoigne la victoire contre Dijon (21 septembre), match pour lequel Nsoki, Dolberg et Ounas étaient titulaires. Le Danois et l’Algérien se sont tout particulièrement illustrés avec un but du premier sur une passe décisive du second.

Le onze niçois contre Dijon. Moyenne d’âge : 22,6 ans.

L’OGC Nice figure dans le peloton de tête après sept journées et peut ambitionner de retrouver l’Europe. La dynamique globale est intéressante puisque le club reste sur quatre saisons terminées dans le top 8 du championnat – 4e en 2016, 3e en 2017, 8e en 2019, 7e en 2019. « Nous avons un projet sur 3 à 5 ans, pour faire de l’OGC Nice un club qui puisse arriver régulièrement au niveau européen et y rester. Notre ambition est d’être un concurrent pour le Top 4 de la L1. Nous sommes ambitieux, mais nous n’allons pas promettre d’atteindre la Ligue des Champions cette saison ou celle d’après », annonce Robert Ratcliffe.

Boostés par l’investissement d’INEOS, les Aiglons s’apprêtent à changer de dimension. Après une saison 2018-2019 intéressante malgré des moyens limités, Patrick Vieira a désormais l’effectif pour ramener Nice sur la scène européenne, dans un premier temps. Et d’y réaliser un parcours significatif par la suite, à l’image de la campagne 2017-2018 qui avait vu les Niçois atteindre les seizièmes de finale de la Ligue Europa. Comme ses joueurs, le jeune entraîneur, arrivé à Nice en juillet 2018 après deux ans et demi sur le banc de New York City, a encore à apprendre.

C’est donc l’ensemble du club qui doit grandir, progresser et emmagasiner de l’expérience match après match. Le président Jean-Pierre Rivère a annoncé une saison de transition. Cela n’interdit toutefois pas d’essayer de titiller le top 5, et pourquoi pas d’obtenir un billet pour l’Europe. Les Aiglons sont prêts à déployer leurs ailes et à prendre de l’altitude.

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