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« Personne ne veut prendre leur place » : Quels seront les relégués de la saison 2019/2020 de Ligue 1 ?

On ne va pas se mentir, la trêve internationale, c’est toujours la lose. On s’en fiche des France-Turquie et on a davantage vibré devant l’annonce de Rudy Garcia à Lyon et d’Antoine Kambouaré à Toulouse que devant Islande-France. Néanmoins, cette période de pause permet de faire le point sur une situation que pas mal d’équipes redoutent en début de saison : la course au maintien. Aujourd’hui, on vous propose un petit jeu, nommé « Personne ne veut prendre leur place », en analysant les forces et les faiblesses des sept équipes qui joueront leur survie en Ligue 1 cette année, ne voulant pas connaître le même destin que Guingamp ou Caen.

Note de l’auteur : Les chances de descendre concernent la 20ème et 19ème place. Je ne compte pas la 18ème place, synonyme de barrages.

Amiens

Énormément d’incertitudes entouraient l’équipe picarde au début de la saison. Le départ de Christophe Pélissier – l’architecte de la montée en puissance du club – laissait présager des temps difficiles. Surtout que Luka Elsner, son remplaçant, avait tout de l’énigme : jeune, avec un profil atypique et surtout étranger. Ce qui, dans notre championnat traditionnaliste et amateur de coachs français sans idée de jeu, ressemblait à s’y méprendre à une mission impossible.

Néanmoins, après neuf journées – et s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusion définitives – l’équipe du slovène Luka Elsner est sur une pente ascendante. Avec sept points pris sur les quatre derniers matchs, dont une très belle victoire 3-1 face à l’OM, les Amiénois figurent à une très belle onzième place.

Crédit photo : Icon Sport

Leur 4-2-3-1 est joueur et percutant, avec ses quatre attaquants : Mendoza, Otero, Guirassy et Kakuta, le maître à jouer essentiel de la formation. Huitième attaque, Amiens est aussi inspirée offensivement que fébrile défensivement – déjà 14 buts encaissés. Et heureusement que Régis Gurtner sauve les meubles.

Comme toutes les équipes menacées de descente, le gros du travail se jouera à domicile. Là-dessus, Amiens se débrouille plutôt bien avec deux victoires et un nul en cinq matchs. Il faudra continuer à être solide dans son stade de la Licorne, tout en resserrant les rangs défensivement. Mais pour une équipe que beaucoup attendait au fin fond du classement, Amiens montre encore une fois sa résilience.

Confrontations face aux concurrents pour le maintien : Défaite à Toulouse, victoire contre Metz. Trois point pris sur six possibles.

Chances de descendre : 15%

Brest

Je dois avouer que les Brestois sont un peu mon équipe chouchoute cette année – malgré leur numéro de contestation à la VAR face à Rennes. Rien que le fait d’avoir pris la décision de se séparer de Jean-Marc Furlan – sans doute le meilleur entraîneur de Ligue 2 de France mais un chat noir dès qu’il s’agit de jouer à l’échelon supérieur, parole de Strasbourgeois – démontre une forme d’ambition. Surtout si c’est pour le remplacer par Olivier Dall’Oglio.

Ancien entraîneur de Dijon, avant de se faire virer comme un malpropre, il a toujours voulu faire jouer ses clubs. Et Brest, qui avait déjà cette philosophie de jeu, ne pouvait pas mieux tomber. Un 4-2-3-1 qui sent bon le ballon rond, le football simple et l’ambition par le jeu. Autret, Court, Grandsir et Charbonnier mènent la neuvième attaque de Ligue 1, tandis que Faussurier, Castalletto et la révélation Larsonneur au but solidifient la treizième défense.

Gaétan Charbonnier, buteur de Brest

Brest est une équipe joueuse mais équilibrée, mais c’est surtout une équipe très solide à domicile. Caractéristique primordiale pour un promu cherchant à se maintenir, transformer son stade en forteresse imprenable est un vrai pas vers une situation pérenne en Ligue 1. Avec le sixième bilan à domicile, Brest fait de Francis le Blé un stade où il est difficile de s’imposer. D’ailleurs, pour le moment, personne n’y est encore arrivé en cinq rencontres !

Actuellement douzième du championnat, Brest va rapidement jouer deux concurrents directs au maintien, Dijon puis Amiens. S’ils continuent de faire le boulot à domicile, un ou deux résultats à l’extérieur devraient rendre les choses plus aisées pour les Brestois. Attention néanmoins au coup de mou du promu, en deuxième partie de saison…

Confrontations face aux concurrents pour le maintien : Défaite à Nîmes, nul contre Toulouse, victoire contre Metz. Quatre points sur neuf possibles.

Chances de descendre : 5%

Dijon

Tout le monde les voyaient descendre et, pour le moment, Dijon joue parfaitement sa partition. Faiblesse technique, fébrilité défensive et absence de force de frappe offensive, le voleur de montres Stéphane Jobard ne réalise pas de miracles avec l’équipe bourguignonne.

Le mercato a été une véritable catastrophe, particulièrement offensivement. En perdant Said, Sliti et Kwon, Dijon a tout simplement dit au revoir à ses trois meilleures armes ! Cela se ressent, puisque les Bourguignons sont la moins bonne attaque de Ligue 1, avec seulement 5 buts marqués.

Néanmoins, les trois derniers matchs ont fait état d’une rébellion de la part d’une équipe que l’on voit condamnée depuis le début de la saison. Un match nul contre l’OM puis deux victoires consécutives font que Dijon n’est plus dernier du championnat : Reims et Strasbourg sont tombées face à une équipe qui n’est clairement pas géniale, mais qui a réussi à marquer quand il le fallait.

Un Dijon efficace. Crédit photo : Getty

A défaut de proposer du jeu, Dijon verrouille sa défense : avec seulement dix buts encaissés – 8ème défense de Ligue 1 – l’équipe bourguignonne possède une assise défensive qui devient très utile quand elle ouvre le score. Typiquement l’équipe pénible à regarder, mais surtout à jouer. Précieux dans la lutte pour le maintien.

Le gros souci pour l’équipe de Stéphane Jobard est désormais le calendrier. Sur les prochains matchs, ce seront Lyon, Brest, Paris, Monaco, Rennes, Montpellier et Nantes qui croiseront le fer avec les Dijonnais. De quoi faire très très peur sur le plan comptable. Reste à savoir si la bonne dynamique résistera à la trêve internationale. Mais, sans plus d’éclat offensif, difficile de croire en une chance de maintien.

Confrontations face aux concurrents pour le maintien : Défaite à Toulouse, nul contre Nîmes et victoire contre Strasbourg. Quatre points sur neuf possibles.

Chances de descendre : 70%

Metz

Le promu messin n’a clairement pas mes faveurs pour rester en Ligue 1 la saison prochaine. Déjà parce que le FC Metz a pris l’habitude de faire l’ascenseur entre les deux échelons. Ensuite, le club a eu un calendrier plutôt favorable jusqu’à présent, avec quatre matchs contre des concurrents directs, et se retrouve tout simplement dernier de Ligue 1. Enfin, parce que, pour les avoir vu jouer à la Meinau, c’est très faible dans le jeu.

Habib Diallo, buteur numéro 1 du FC Metz. Crédit photo : FC Metz

Dans un 4-3-3 classique, les hommes de Vincent Hognon sont la 18ème attaque et la 15ème défense de Ligue 1. Extrêmement dépendants de leur maître à jouer Renaud Cohade, les Messins s’en remettent quasi exclusivement au talent offensif d’Habib Diallo pour survivre dans le championnat. En effet, l’attaquant sénégalais a marqué six des huit buts de son club cette saison.

Friables défensivement et ultra dépendants offensivement, les Messins n’inspirent pas énormément confiance. Qui plus est, avec deux victoires obtenues contre des Monaco et Saint-Etienne clairement à l’agonie, le club a du mal à s’imposer chez lui. Pour un promu, et dans le contexte d’une lutte pour le maintien, le fait que Metz possède l’avant-dernier bilan du championnat à domicile n’augure rien de bon.

Confrontations face aux concurrents pour le maintien : Défaite à Brest et nul à Strasbourg. Défaite contre Amiens et nul contre Toulouse. Deux points sur douze possibles.

Chances de descendre : 60%

Nîmes

Avec tous leurs départs– Alioui, Bozok, Thioub et les deux techniciens Bobichon et surtout Savanier – je ne donnais pas cher de la peau des crocos nîmois cette saison. Mais je n’avais pas pris en compte une donnée, pourtant essentielle et non présente dans la catégorie statistique : la grinta.

La passion et l’état d’esprit sont deux piliers de cette formation nîmoise. Qui, même sans réel attaquant de métier, arrive à accrocher ses adversaires sans jamais lâcher. Le recrutement a été malin et efficace, avec notamment Pablo Martinez, Lucas Deaux et les esthètes Zinédine Fehrat et Romain Philippoteaux.

Dans un système tactique variable et qui s’adapte à l’adversaire, les hommes de Bernard Blaquart sont solides et équilibrés. 11ème attaque et 11ème défense de notre championnat, les Nîmois démontrent qu’ils n’ont toujours aucun complexe quelque soit l’adversaire. Leur dernier résultat à Lille – un très beau 2-2 – en est le meilleur exemple.

Enfin, un des points très encourageants de ce début de saison réside dans les confrontations avec les concurrents pour le maintien. En battant Toulouse et Brest à domicile et en ramenant un point d’un déplacement à Dijon, Nîmes gagne de précieux points dans ce mini-championnat dans le championnat. Des points qui vaudront cher, une fois les calculettes sorties… Je ne me fais donc pas trop de soucis, on devrait revoir le club en Ligue 1 la saison prochaine.

Confrontations face aux concurrents pour le maintien : Nul à Dijon, victoire contre Brest et Toulouse. Sept point pris sur neuf possibles.

Chances de descendre : 15 %

Strasbourg

Qu’est-ce que ça me fait mal de devoir inclure Strasbourg là-dedans… Mais avec une direction qui semble privilégier le fait de garder ses espèces sonnantes et trébuchantes pour la rénovation de la Meinau, impossible de ne pas voir le manque d’ambition du club. Le recrutement, à défaut d’être complètement raté, a été insuffisant. Si bien qu’aujourd’hui, le Racing en attaque se retrouvant complètement dépourvu, une fois l’automne venu.

Si on rajoute à cela un manque d’ambition dans le jeu, avec un 5-3-2 parfois caricatural, on obtient la promesse d’une saison compliquée. Il faut dire que la Coupe d’Europe a laissé des traces dans les corps et surtout dans les esprits. Les blessures des meilleurs éléments du début de saison n’ont également pas aidé Thierry Laurey à essayer de proposer autre chose.

Mohamed Simakan, révélation strasbourgeoise de ce début de saison. Crédit photo : Racing Club de Strasbourg Alsace

Néanmoins, l’espoir subsiste, malgré un bilan à l’extérieur abyssal (aucun but marqué et un seul point pris en quatre rencontres) et une attaque exsangue (19ème de Ligue 1). En effet, la défense est solide avec la révélation Mohamed Simakan et un Matz Sels qui devrait bientôt être élu maire de Strasbourg, les trois jeunes Fofana, Zohi et Caci qui reviennent à la compétition pour dynamiser le groupe et un stade de la Meinau qui se révèle encore et toujours difficilement prenable – septième bilan à domicile avec deux victoires contre Nantes et Montpellier et un nul à Monaco.

A cela se rajoutent encore un probable changement de système de jeu et enfin un calendrier plus abordable à venir préparent le chemin d’un redressement sportif. Bien que, historiquement, le Racing a du mal contre les équipes supposément « plus faibles ». Dernière donnée à ne pas négliger, il se peut que le Racing se retrouve en mauvaise posture après l’enchaînement des deux prochains cols Marseille et Nice. A ce moment-là, il ne faudra pas oublier de remettre le bleu de chauffe pour s’assurer une pérennité en Ligue 1.

Confrontations face aux concurrents pour le maintien : Défaite à Dijon, nul contre Metz. Un point sur six possibles.

Chances de descendre : 5%

Toulouse

Chaque année, Toulouse nous propose la même soupe : une équipe sur le papier alléchante, un jeu pourtant horrible et sans idée et un maintien obtenu cahin-caha parce que le budget et les joueurs sont au-dessus de la moyenne. Il faut dire qu’avec Pascal Dupraz puis Alain Casanova, les schémas de jeu ne devaient pas voler très haut.

Sans surprise, le Téfécé semble être reparti pour une nouvelle saison galère. 17ème défense, le pauvre Baptiste Reynet devrait bientôt investir dans le Xanax. Si le départ d’Alain Casanova représentait peut-être un rayon de soleil pour une période de trêve internationale difficile, son remplaçant n’augure rien de bon. Le pompier de service Antoine Kambouaré revient au combat, avec des préceptes de jeux qui se résume à la bonne paire de balls qu’il demande à tous ses joueurs. Joie et jeu au Stadium…

Si Casanova est parti, c’est aussi parce que Toulouse n’a plus gagné un match en Ligue 1 depuis août. Entre temps, trois défaites et deux nuls viennent entacher un très bon début de saison. Qui plus est, les Violets ont déjà affronté cinq concurrents directs pour le maintien. Un calendrier très favorable qui n’a pas été si bien utilisé, puisque le club végète à la 18ème place.

Pourtant, Max-Alain Gradel est encore là, Wesley Said est venu apporter son toucher de balle, mais l’équipe est bancale. L’attaque est souvent aux fraises et il ne semble pas avoir de relais entre cette dernière et la défense, le milieu manquant cruellement de technique. Sans doute qu’ils arriveront à se sauver par la qualité intrinsèque des joueurs et l’esprit du soldat Kambouaré. Mais ce Toulouse-là a une très belle tête de barragiste…

Confrontations face aux concurrents pour le maintien : Défaite à Nîmes, nul à Metz et à Brest. Victoire contre Amiens et Dijon.

Chances de descendre : 30 %

Maintenant que la Ligue 1 est revenue, la course au maintien repart de plus belle. Pas sûr que l’on voit forcément de très beaux matchs dans le lot, mais la lutte s’annonce tout de même passionnante. Parce qu’avec les nouveaux droits télés qui arrivent, l’enjeu financier n’a jamais été aussi grand pour ces clubs. Se maintenir, c’est quasiment pérenniser son budget et avoir les moyens de viser plus haut. Personne ne veut prendre la place des relégués, mais une fois le spectacle terminé, il sera temps de payer les artistes. Et malheur à ceux qui auront fait des fausses notes…

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