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PSG – OL : Que retenir du choc de la Ligue 1 ?

Après la nouvelle victoire du PSG dans son jardin face à l’OL (4-2) dans un match très plaisant, quels enseignements sont a tirer ?

Une attaque parisienne de feu

Ce n’est plus une surprise : Paris a une des meilleurs attaques d’Europe. Même privés de Neymar, les Parisiens ont été une nouvelle fois très inspirés offensivement. Di Maria a été ébouriffant sur son côté droit, ouvrant joliment le score après s’être joué de Marçal (22ème). L’Argentin s’est beaucoup recentré comme son homologue Draxler à gauche pour combiner et offrir plus de solutions axiales au jeu de son équipe. Il a signé une première mi-temps une nouvelle fois majuscule avant de s’éteindre un peu au retour des vestiaires. Il a été suppléé par les buteurs Mbappe et Icardi. L’Argentin s’est montré beaucoup plus mobile qu’à l’accoutumée, participant de fait plus au jeu de son équipe. Il n’a pas hésité à se muer en passeur (presque décisif) en délivrant une somptueuse talonnade aveugle à Mbappé hors-jeu (42ème). Malgré ces quelques fulgurances, Icardi n’a pas disputé son meilleur match de la saison, souvent bien serré par la charnière lyonnaise.

Ce sont les jambes de feu de Kylian Mbappe qui ont posé le plus de problèmes à la défense lyonnaise. Le natif de Bondy s’est positionné dès le début du match très à gauche, laissant l’axe à Icardi. Ses capacités de percussion et d’élimination ont fait beaucoup de mal aux lyonnais. Il a rendu une bonne copie marquée par un but plein de sang-froid (38ème). Le PSG a prouvé, si il en était encore besoin, que son armada offensive est en forme olympienne, même sans Neymar son chef d’orchestre. Les combinaisons offensives, souvent justes et de grande classe, ont été un calvaire pour l’OL. Comme un symbole, c’est Cavani qui est venu parachevé le succès parisien en ajoutant un quatrième pion. The cherry on the cake.

Cavani : 199ème but avec le Paris Saint-Germain

Des défenses (beaucoup) trop friables

Malgré son attaque de feu, tout n’a pas été parfait pour Paris. Sans Thiago Silva, Marquinhos, Diallo et Bernat, le club de la capitale pouvait compter sur Kehrer, Kurzawa et Kimpembe. L’occasion rêvée pour les trois de bousculer la hiérarchie. Occasion manquée particulièrement pour Kimpembe. Le champion du monde français s’est montré très fébrile, offrant trop d’espaces aux attaquants lyonnais. Le capitaine du soir aurait même pu être exclu après un tacle par derrière sur Dembele qui partait au but (45ème). Au retour des vestiaires, il est coupable sur les deux buts encaissés. Négociant mal une passe de Cherki entre ses jambes sur le premier, il se laisse avaler par Toko-Ekambi sur le second. Kurzawa, trop passif sur le second but, n’a pas non plus marqué des points. La défense parisienne, fragile, n’a en plus pas pu compter sur un Navas des grands soirs. Le portier costaricien commettant une grosse faute de main sur le premier but. Un match a oublier pour la défense parisienne, qui face à une plus grosse opposition devra régler ces fautes de concentration.

Ce n’était décidément pas un match de gardien, certes peu aidés par le vent. Anthony Lopes, pourtant si précieux sur sa ligne, n’a pas été suffisamment décisif. Le Portugais, au placement douteux sur le premier but, n’a pas pu empêcher son équipe de prendre l’eau. Il n’est pas le seul fautif, les latéraux lyonnais sombrant également. Marçal a vécu une soirée cauchemardesque au Parc des Princes, mis à mal par Di Maria pendant toute la rencontre. Trop laxiste sur l’ouverture du score, il offre un troisième but gag aux Parisiens en reprenant dans son propre but un centre de Draxler. Les Lyonnais ont montré leurs inquiétantes limites défensives, de plus en plus criantes, et qui vont devoir être réglées rapidement avant d’affronter la Juventus. Les absences de Dubois et Koné sont très préjudiciables pour les Rhodaniens qui continuent leur descente aux enfers. La charnière Denayer-Marcelo a réalisé une prestation correcte, même si le Brésilien aurait aussi pu être exclu pour deux gestes bêtes et méchants sur Verratti et Mbappe.

Match a oublier pour Marçal, complètement dépassé

Un OL à deux visages

Malgré la défaite et les quatre buts encaissés, tout n’est pas à jeter côté lyonnais. Le plan de jeu de Rudi Garcia s’est avéré efficace en début de rencontre et à mis à mal les Parisiens. En effet, le pressing haut et intense des lyonnais conjugué à un marquage individuel sur Gueye et Verratti aurait pu être payant. En privant le PSG de ses deux plaques tournantes, Garcia voulait empêcher les relances courtes et obliger les Parisiens à jouer long. Une stratégie osée mais payante durant les vingt premières minutes où ce sont les Lyonnais qui ont été les plus dangereux. Malheureusement, le milieu de l’OL a rapidement perdu pied, baissant en intensité et reculant progressivement. Malgré cela, la fébrilité affiché par les Parisiens face au pressing donne à coup sûr des idées à Garcia pour préparer la finale de la Coupe de la Ligue.

Dembele auteur du but de l’espoir.

Après vingt minutes et jusqu’à la 50ème, l’OL s’est replié, a subi et a déjoué. Le réveil n’intervenant que grâce au but un brin chanceux de Terrier (52ème) servi par Cherki et bien assisté par Navas et Kimpembe. Le but de l’espoir pour l’OL qui a frappé à nouveau sept minutes après. Le déboulé fracassant du nouvel entrant Toko-Ekambi, conclu par un caviar pour Dembele a fait croire à l’exploit. L’OL s’est réveillé d’entre les morts pour piquer un PSG aux abois. Dembele manquera même l’occasion d’égaliser à la 62ème. Une réaction d’orgueil qui montre l’immense potentiel offensif lyonnais, un potentiel malheureusement inexploité.

Ainsi, Rudi Garcia peut tirer quelques motifs de satisfaction de cette défaite. La rentrée de Karl Toko-Ekambi, une nouvelle fois étincelant, apporte son lot de promesses. L’ancien angevin semble s’acclimater très rapidement à sa nouvelle équipe et ses qualités en font un candidat plus que crédible à une place dans le onze. Le début de match de l’OL apporte également quelques enseignements pour tenter de contrarier la Juventus. Pour autant, la marche semble encore trop haute pour des lyonnais irréguliers et fébriles défensivement. Le PSG, lui, semblait maîtriser son sujet mais des errements défensifs ont réussi à faire trembler le Parc des Princes. Thomas Tuchel va devoir trouver les solutions, en attendant le retour de ses cadres, pour rendre hermétique une défense peu rassurante, avant d’affronter la force de frappe offensive du BVB dans huit jours.

Cyprien Juilhard

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