Football

Que retenir du tirage au sort de la Ligue des Champions ?

Après l’habituel tirage au sort, les trente-deux équipes qualifiées pour la prochaine édition de la Ligue des Champions connaissent leurs futurs adversaires. Avec des fortunes diverses …

Elle nous avait tant manqué. Cette musique qui fait frissonner chaque amoureux de football chaque fois qu’elle retentit. La dernière fois, c’était dans le ciel de Madrid, un soir de mai, lorsque les Reds de Liverpool ont terrassé leurs adversaires de Tottenham dans la furia du Wanda Metropolitano. Cet été, elle a accompagnée depuis début juillet les quatre tours préliminaires permettant de décrocher un des derniers sésames pour l’édition à venir.

Ainsi mercredi soir, les trois derniers billets ont été attribués et l’ensemble des conviés s’est rassemblé hier à Monaco afin de découvrir ses adversaires. Malgré quelques pâles sourires de façade, la tension était omniprésente, même pour les favoris du chapeau 1. En effet, cette année, le chapeau 2 disposait de quelques épouvantails dont tout le monde préfère éviter de croiser la route (Real Madrid, Atlético Madrid, Naples, Tottenham, Dortmund…). Ce sont les deux néo-retraités, Wesley Sneijder et Petr Cech, qui ont prêté leurs mains innocentes au tirage.

Retrouvailles pour Paris

Pas de chance au tirage pour le PSG qui tombe dans le groupe du récent triple vainqueur, le Real Madrid. Des retrouvailles qui auront un goût certain de revanche après la dernière confrontation entre les deux équipes en 2017/2018. Les espagnols avaient alors pris le meilleur en huitièmes de finale sur les franciliens avant de foncer remporter leur douzième Ligue des Champions. Néanmoins, le Real sort d’une saison très insipide et semble ne plus être le rouleau compresseur des dernières années. Le PSG, avec ses armes offensives, est armé pour rivaliser et lutter pour la première place du groupe. Toutefois, Mbappe et Cavani sont très incertains pour la réception du Real au Parc des Princes (18 septembre) et Neymar, même si il reste, est suspendu pour les trois premières journées. La qualification en revanche ne devrait logiquement être qu’une formalité pour les deux clubs, même si l’ambiance étouffante du Türk Telekom Stadyumu de Galatasaray pourrait poser des problèmes à tous. Enfin le Club Bruges semble résolument être l’adversaire supposé le plus faible, mais que le Real en soit témoin depuis ses deux défaites (1-0 ; 3-0) l’an dernier contre le CSKA Moscou, tout est possible en Ligue des Champions.

Lyon bien loti

Côté lyonnais c’est un sentiment de soulagement qui prédomine après que Sneijder et Cech aient eu la main plutôt heureuse.  Ayant hérité du champion de Russie (le Zénith Saint-Pétersbourg), du champion du Portugal (le Benfica Lisbonne), et des allemands du RB Leipzig, les lyonnais peuvent se targuer d’être dans un groupe remarquablement homogène ou chaque équipe semble être en mesure de se qualifier. Même si Jean-Michel Aulas se disait « pas heureux mais rassuré car (il) s’attendait à bien pire », les lyonnais devront être vigilants et surtout constants (ce qui leur fait cruellement défaut depuis plusieurs années) pour éviter de revivre la même désillusion qu’en 2015. A l’époque dans un groupe apparemment ouvert, les lyonnais avaient sombrés, ne remportant que quatre petits points et laissant la première place au … Zénith Saint-Pétersbourg.

Lille tombe sur du lourd

Dans le Nord, c’est un sentiment mitigé pour les lillois. Issus du chapeau 4, les Dogues se savaient à la portée des cadors des trois autres chapeaux. En héritant du vainqueur sortant de la Ligue Europa, Chelsea, et de la révélation de la saison passée et demi-finaliste de la Ligue des Champions, l’Ajax Amsterdam, le LOSC se retrouve dans un groupe très relevé. Ajoutez-y Valence, de retour au plus haut niveau et habitué de la compétition, et vous obtenez un cocktail qui promet d’être explosif. Difficile tout de même de se plaindre de ce tirage qui sans être avantageux, offre la perspective de superbes soirées européennes au Stade Pierre-Mauroy. Gérard Lopez, le président lillois, est ravi du tirage qui va permettre « aux supporters de voyager avec nous dans des véritables cathédrales du football. » Les nordistes devront jouer avec le cœur et sans complexes, comme ils ont si bien su le faire la saison passée. En face, Chelsea apparaît amoindri, interdit de recrutement et plombé par le départ de son fer de lance belge Eden Hazard. L’Ajax semble également bien moins rayonnante comme elle l’a montré en barrage en se débarrassant poussivement de l’APOEL Nicosie. Avec le départ de sa jeunesse dorée (Frenkie de Jong à Barcelone et Mathijs de Ligt à Turin), la magie semble s’estomper. Ainsi condamné à l’exploit et n’ayant rien à perdre, Lille a les cartes en main pour jouer de manière débridée et sans complexe, en s’inspirant pourquoi pas du parcours flamboyant de son futur adversaire amstellodamois.

Le traditionnel « groupe de la mort »

Si nos frenchies ont hérité pour certains de cadors, le groupe F est un véritable no man’s land. Le Barça, qui a réalisé un énorme mercato et qui espère encore l’arrivée de Neymar, fait figure de favori incontestable du groupe et se pose comme un très crédible vainqueur de la compétition. Mais rien ne sera facile face à Dortmund, qui s’est également renforcé très intelligemment et qui semble armé pour faire mieux que de la résistance. Face à eux se dresse en outsider l’Inter Milan, qui renaît de ses cendres et auteur d’un mercato encore très ambitieux (Lukaku, Godin…). Les Nerazzurri, vainqueurs de l’épreuve en 2010, sont un adversaire très redoutable et ont soif de revanche après plusieurs années plus que compliquées. Ce qui est sûr, c’est qu’un gros poisson ne passera pas le cut, et il semble bien difficile de faire un pronostic.

Comme l’an dernier, Blaugrana et Nerazzurri voient leurs chemins se croiser.

Chemin plus ouvert pour les autres favoris

Le tirage au sort des autres groupes nous a offert quelques affiches alléchantes et pour certaines, aux airs de déjà-vu. La Juventus affrontera, dans le groupe D, l’Atlético Madrid dans un remake des huitièmes de finale de l’an passé. Ce sera l’occasion de voir face à face les deux stars du foot portugais, Cristiano Ronaldo et la pépite João Félix. Le groupe B propose un choc entre le Bayern et le finaliste sortant, Tottenham. Même si les deux semblent bien au-dessus de leurs adversaires, les ambiances ardentes de l’Olympiacos et de l’Etoile Rouge de Belgrade, rendent périlleux chaque déplacement. Du coté des retrouvailles, Manchester City, champion d’Angleterre en titre, recroise la route des Ukrainiens du Shaktar Donetsk, qu’ils avaient affronté en poule l’an passé (avec l’Olympique Lyonnais). Bien qu’issu du chapeau deux, le Shaktar ne semblent pas représenter la plus grande menace pour les Citizens qui devront surtout se méfier du néophyte italien, l’Atalanta Bergame. Enfin, le vainqueur sortant, Liverpool, recroise la route du Napoli dans la poule E. Confirmation attendue pour les Reds qui doivent logiquement se qualifier, même si Salzbourg en embuscade jouera sa carte à fond.

Les deux stars portugaises vont s’affronter en poule.

Le cadre est à présent posé. Joueurs et amateurs de foot n’attendent plus que le lancement des hostilités le 18 septembre. Juste histoire d’entendre à nouveau cette musique qui rend si spéciale la Coupe aux grandes oreilles.

Cyprien Juilhard

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