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Sainté distancé, Marseille émerveille et Lyon dans le fond : Bilan de la Ligue 1 à mi-saison

Elle est finie pour 2019 cette Ligue 1 Conforama. Elle s’est même finie avec une avalanche de buts (35) qui permet de passer les fêtes au chaud. Alors qu’il va falloir attendre trois semaines pour revoir du football made in France, revenons sur cette première partie de saison qui a vu passer son quota de surprises !

Focus sur Marseille

Ne parlons pas trop du PSG qui domine la Ligue 1 comme presque chaque année. Même si le nombre de points total est moins grand que l’année dernière à la même époque, les Parisiens n’auront sans aucune difficulté le trophée encore cette saison. Thomas Tuchel commence à faire jouer ses 4 fantastiques ensemble, ce qui a l’air de bien fonctionner contre les équipes de moindre calibre. Mais comme chaque saison quasiment avec Paris, le moment de vérité commencera en février/mars.

A la place, parlons de Marseille, vraie bonne surprise de cette première partie de saison. Pourtant, on ne donnait pas forcément vainqueur le groupe repris par Andres Villas Boas : quasiment le même que l’an dernier, sans Thauvin blessé, les Marseillais semblaient repartis sur les bases sous Garcia version 2018/2019. Mais plusieurs choses ont changé :

  • Un Benedetto précieux avec 7 buts.
  • Un Payet en mode 2016, tout simplement monstrueux.
  • Une activité de tous les instants au milieu avec un Valentin Rongier qui a monté de plusieurs niveaux et un Sanson plus décisif.
  • Et surtout : de bons résultats contre leurs concurrents directs. Une victoire à domicile contre Lyon, Saint-Etienne et Lille, plus un nul contre Rennes. Avec en outre, une victoire à l’extérieur contre Monaco. Bilan des courses : 13 points sur 15 !

Depuis la claque reçue au Parcs des Princes, c’est bien simple : les Marseillais sont la meilleure équipe de Ligue 1 ! 7 victoires et un nul, amenant à un joli total de 38 points. Troisième meilleure attaque de Ligue 1, les Marseillais régalent à domicile, où ils restent sur six victoires consécutives. Seule petite inquiétude au tableau : ils joueront presque tous les gros en-dehors de leurs bases en 2020. Mais, clairement placés en favoris pour la course à la Ligue des champions, l’OM revient en tous les cas sur la scène française et c’est une vraie bonne nouvelle !

Les gros n’ont pas forcément répondu à l’appel

Marseille est d’autant mieux placée que les gros ont sous-performé en 2019. Saint-Etienne est 14ème, Lyon 12ème et Monaco 7ème. Ce qui signifie que trois des six équipes avec le plus gros budget de Ligue 1 ne se mêlent pas (encore) à la course aux places européennes. Et que Marseille a respectivement 13, 12 et 10 points d’avance sur ses concurrents !

Cornet latéral gauche, nouvelle trouvaille de Rudy

Des trois équipes citées ci-dessus, c’est évidemment Lyon qui inquiète le plus. Incapables d’aligner plus de trois passes consécutives, sauf si elles vont vers le gardien, les hommes de Rudy Garcia ont connu une malchance pas permise contre Rennes la semaine dernière : un genou droit, un genou gauche, deux ligaments croisés antérieurs pétés, et c’est Memphis et Reine-Adélaïde – les deux meilleurs Lyonnais depuis le début de la saison – qui sont out pour six mois ! La seule bouée de sauvetage de Rudy – si l’on excepte un mercato qui se devra d’être ambitieux – c’est de jouer une coupe à fond. Parce que, pour le moment, Lyon est à 7 point du podium.

Monaco, on en avait parlé ici. Depuis, les hommes de Jardim, toujours aussi menacé, ont pris 10 points en cinq matchs et finissent l’année en beauté avec un succès flatteur 5-1 contre Lille. Deuxième meilleure attaque de LIgue 1, les Monégasques ont toujours le même problème : une défense façon gruyère. Mais si Aguilar – auteur de ses deux premières passes décisives hier – commence à carburer et que l’attaque continue de fonctionner à toute berzingue, Monaco devrait pouvoir faire quelque chose de sa seconde partie de saison. Surtout qu’avec cinq points de retard sur Rennes, ils ont largement les moyens d’aller jouer la Ligue des champions.

Enfin, Saint-Etienne était bien repartie sous Puel. Il y a un mois, les Verts étaient quatrièmes. Mais la LIgue 1 2019/2020 est un championnat de série et avec quatre défaites sur les cinq derniers matchs, ils terminent leur championnat 2019 en deuxième partie de tableau. Les nombreux blessés n’aident pas un groupe clairement taillé pour l’Europe. Mais il faudra bien débuter janvier pour se remettre les idées en place. Parce que devant, ça carbure.

Des outsiders qui prennent leur place

Dans le même temps, des équipes comme Lille et Rennes ne se sont pas privées pour prendre des places laissées vacantes.

Si les Dogues ont manqué cruellement d’expérience en Ligue des champions, ils se sont appuyés sur un bilan à domicile presque immaculé pour se hisser à la quatrième place du championnat à mi-parcours. 8 victoires et deux nuls, seulement cinq buts encaissés, il ne fait pas bon se déplacer à Pierre Mauroy. Portés par un Victor Osimhen à 10 buts et trois passes décisives, les Lillois se placent à nouveau comme outsiders pour rejouer la plus grande compétition européenne.

Avec une victoire contre Saint-Etienne et à Lyon, un nul à Rennes et deux défaites à Marseille et à Monaco, les Lillois ont un bilan équilibré face à leur concurrent direct. Néanmoins, avec quatre matchs « décisifs » prévus à domicile, les Dogues ont toute leurs cartes en main pour jouer la Ligue des champions. Ils jouent au football et ne se posent pas de question, ce qui les rend intraitables à domicile et perméables à l’extérieur. Et justement, le seul (gros) bémol de leur première partie de saison : un bilan à l’extérieur apocalyptique, où ils sont 17èmes, avec seulement six buts inscrits !

Enfin, personne n’attendait Rennes à la troisième place du championnat, surtout avec un match en moins ! Avant la 11ème journée, tout le monde disait que Julien Stéphan n’était qu’un produit de la hype et qu’il fallait trouver quelqu’un d’autre. Il faut dire que l’effectif quelque peu remanié a mis du temps à s’acclimater. Mais une (très) difficile victoire contre Toulouse a relancé la machine : depuis, Rennes n’a connu qu’une seule fois la défaite ! Sept victoires en huit matchs, un jeu retrouvé et un Roazhon Park imprenable – cinq victoires de suite, les Bretons se positionnent comme candidats très sérieux à l’Europe. La Ligue 1 de cette année étant – on l’a dit – un championnat de série, ce sont les Rennais qui en profitent pour passer Noel au chaud.

Difficile de dire si la dynamique tiendra en 2020. En tous les cas, contre leurs concurrents directs, Rennes a été particulièrement solide : une victoire à Lyon et une contre Saint-Etienne, un nul contre Lille et un à Marseille et seulement une défaite à Monaco. S’ils continuent sur cette lancée, les hommes de Julien Stéphan ont tout pour être la surprise de l’année !

Quelques belles surprises !

Notre bonne vieille Ligue 1 n’a pas été avare en surprise. puisque, vous l’aurez compris, si les gros ne tiennent pas vraiment leur place, d’autres équipes sont bien contentes de se saisir de l’opportunité ! Nantes est cinquième du championnat à mi-parcours, avec la particularité d’avoir gagné tous ses matchs par un but d’écart ! Peu rassurant pour le spectacle, mais Christian Gourcuff fait avec ce qu’il a, et ça fonctionne !

Un peu dans le même style, Reims met du cœur à l’ouvrage à finir sixième. Meilleure défense de Ligue 1, les Rémois n’enchantent pas leurs supporters – le stade Auguste Delaune sonne affreusement creux – mais continuent de se stabiliser au haut niveau. Deux victoires de prestige en début de saison contre Marseille et le PSG embellissent le tout, comme la perspective d’un quart de finale de Coupe de la Ligue abordable contre Strasbourg début janvier. Ni strass ni paillette, mais cohérence et sérieux tactique. David Guion a trouvé la recette du succès.

Enfin, Angers est sans doute l’équipe la plus enthousiasmante des trois. Chaque année, ils perdent des joueurs. Chaque année, ils en recrutent des nouveaux qui remplissent le rôle avec succès. Mais surtout, ils produisent du jeu. Sous l’égide de Stéphane Moulin, toujours indéboulonnable, les Angevins sont une équipe polymorphe, qui s’adaptent au style de jeu adverse. Le tout, bien souvent, en cherchant à construire et à jouer. Cela paye puisqu’ils sont huitièmes de Ligue 1, à seulement trois points de Lille !

Des derniers bien derniers

Passons enfin à la dimension lose de la force : la lutte pour le maintien. Avec seulement douze points chacun, Toulouse et Nîmes semblent presque déjà condamnés. Des deux, je mettrais pourtant davantage Toulouse dans le wagon des relégués. Neuf défaites de suite, 39 buts encaissés (!), un jeu déplorable et un état d’esprit qui l’est tout autant. Il semblerait qu’Antoine « El Fossoyeur » Kambouaré soit bien parti pour faire descendre une troisième équipe d’affilée.

Nîmes souffre d’un mercato ubuesque dans le sens des départs : Bouanga, Savanier, Bobichon, Bozok, Guillaume, Thioub et Alioui s’en sont allés. Forcément, le secteur offensif en a pris plein les dents. Bernard Blaquart ne peut pas faire éternellement des miracles et les Crocos n’ont que leur état d’esprit pour tenter de survivre s’il n’y a pas de mercato hivernal. Petite consolation : ils ne sont pas largués puisqu’ils ont seulement cinq point de retard sur Amiens et Metz.

Parlons-en de ces deux équipes. Amiens était bien parti, avec un projet de jeu ambitieux prôné par Luka Elsner. Mais le 4-0 reçu à domicile contre Strasbourg a coupé les jambes amiénnoises. Depuis la 13ème journée, Amiens a pris… un petit point ! Et ils se retrouvent donc barragistes. Leur victoire en Coupe de la Ligue face à Rennes remet un peu de baume au cœur, mais la lutte sera rude.

Quand on regarde Metz jouer, il ne faut pas avoir peur du déchet technique. C’est souvent laid, mais au moins, il y a un vrai état d’esprit. Le retour inespéré face à Dijon hier soir le montre bien : à 10 contre 11, ils ont arraché le nul dans les dernières secondes d’une frappe de forain de Maiga. Avec des points grappillés ça et là et un Habib Diallo étincelant avec ses 10 buts, les Messins peuvent espérer se maintenir ou jouer les barrages. Parce qu’ils ont plus de joueurs que Nîmes et bien plus d’état d’esprit que Toulouse.

Enfin, alors que tout le monde les condamnaient, Dijon s’est bien repris. Décidant même parfois de proposer du jeu, battant même le PSG de manière méritée, les hommes de Jobart finissent premiers du « mini championnat » de la relégation. Leur avance est courte, mais c’est tout de même à noter. Personnellement, j’aime bien les équipes qui tentent de produire quelque chose. Des équipes dont l’ambition de se maintenir passe par le jeu. Et pour l’instant, cela fonctionne à Dijon.

Si le spectacle est parfois contrasté, si le PSG profite de plus en plus de concurrents absents, on ne va pas se mentir : notre Ligue 1, on l’aime toujours autant. Il s’en dégage un charme que n’ont pas les autres – meilleurs – championnats. Et les trois semaines qui vont venir vont nous faire réaliser à quel point c’est plus fun quand il y a du foot à la télé.

Qui descendra l’année prochaine ? Qui accrochera les places européennes ? Rudy Garcia va-t-il titulariser Marcelo à la place de Dembélé en attaque ? Et est-ce que Kambouaré réussira à battre le record de Strasbourg et ses 12 défaites consécutives ? Réponse… en 2020 !

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