Football

Wolves : Analyse d’un projet à l’accent portugais

Racheté en 2016 par un fond d’investissement chinois, les Loups de Wolverhampton n’en finissent plus de surprendre : zoom sur un projet ambitieux… à l’accent portugais.

C’est la même chose pour chaque supporter de football : peu importe les couleurs que l’on défend, on ne peut s’empêcher de garder une place dans son cœur pour les petits poucets auteurs de grandes performances. Après Leicester en 2016, c’est Wolverhampton qui a conquis l’Angleterre en terminant la saison à la septième place. Retour en Coupe d’Europe pour les Wolves qui l’avait quitté en 1981. Une performance historique qui ne doit rien au hasard.

En 2016, au moment du rachat, l’objectif à court terme était clair : ramener le club en Premier League. Pas évident sur le papier mais deux hommes ont rendu cela possible. Le premier artisan de ce succès est Nuno Espirito Santo, technicien portugais, limogé par le FC Porto. Il accepte le projet des Wolves et débarque en Angleterre avec un plan de jeu déjà bien préparé. Son arrivée est en grande partie permise par l’homme le plus influent de la planète foot, le portugais Jorge Mendes, célébrissime agent de joueurs et conseiller de Cristiano Ronaldo. Mendes s’immisce dans le projet des Wolves et en devient la pierre angulaire. Une liberté quasi-totale sur le recrutement lui est (officieusement) confiée. Il se met alors à attirer de nombreux joueurs, bénéficiant de son réseau et de son influence et se concentre essentiellement sur la création d’un réseau portugais au sein du club.

A l’été 2018, le club frappe fort en signant gratuitement le brillant gardien Rui Patricio, en conflit avec la direction du Sporting Portugal, et en arrachant un des plus grands espoirs du football portugais au FC Porto, le milieu de terrain Ruben Neves pour 18 millions d’euros. Les Loups pilleront également l’effectif surchargé de l’AS Monaco, attirant pas moins de quatre joueurs du club de la principauté. Le métronome João Moutinho, indispensable au milieu monégasque, débarque en compagnie des jeunes Ruben Vinagre, Helder Costa et Ivan Cavaleiro, qui n’ont jamais su s’imposer dans l’effectif de Léonardo Jardim. Ces jeunes pépites vont s’épanouir dans un projet ambitieux qui leur offre du temps de jeu.

Dans ce savant mélange d’expérience et de jeunesse, Nuno Espirito Santo a également pu compter sur une attaque de feu composée du jeune portugais Diego Jota, arrivé de l’Atletico Madrid (10 buts et 7 passes décisives) et du buteur mexicain Raul Jiménez, débarqué du Benfica Lisbonne (17 buts et 8 passes décisives). Mais à Wolverhampton on applique la philosophie du légendaire Michael Jordan qui disait « l’attaque fait lever les foules mais la défense fait gagner des titres ». Rien n’est dû au hasard si les Wolves ont terminé la saison avec la quatrième meilleure défense d’Angleterre. C’est une autre recrue du championnat portugais qui a muselé les attaquants adverses. Le français Willy Boly, qui n’a jamais su s’imposer à Porto, s’est montré tout au long de la saison intraitable et a confirmé la confiance que ses dirigeants ont placée en lui.

Grâce à un recrutement payant sur ces deux dernières années le club a connu deux années fastes ; enchaînant une montée en Premier League, une qualification en Ligue Europa et une demi-finale de FA Cup. Si l’alchimie a fonctionné, rien ne garantit qu’elle durera, mais l’énergie et l’attachement que Jorge Mendes voue à Wolverhampton fait présager un avenir brillant pour le club le plus portugais d’Angleterre. Comme un symbole, rien ne résume mieux les deux années passées pour Wolverhampton que la devise de la ville « Out of darkness cometh light », littéralement « Au milieu des ténèbres la lumière vient ». Et il semblerait que cette lumière soit venue du Portugal.

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